Eastward : Hommage marqué à un passé glorieux

Je pourrais commencer ce texte de manière fainéante en arguant du fait que Eastward est un excellent jeu qui saura faire verser sa larme aux plus vieux et conclure par :  » Achetez-le immédiatement !  »

Mais ce serait ne pas rendre justice au studio de Shangai, Pixpil qui a su avec son jeu au long développement, changer quelque part la face du jeu indé, fait souvent de pixels opportuns pour des résultats souvent discutables.

Car Eastward n’emprunte pas les chemins les plus évidents pour faire parler de lui. Sa vérité est bien ailleurs.

Dès l’introduction animée, l’on comprend que Eastward est un jeu à part. Le design général rappelant celui du film Les Triplettes De Belleville, mais aussi de Professeur Layton, confirme une volonté d’offrir une véritable alternative.


D’abord graphique mais aussi en terme d’écriture. Quand bien même ce très court métrage présente une histoire générique avec une fillette spéciale trouvée par un mineur de fond, incarner John à l’allure hirsute offre une cassure bienvenue avec les canons des jeux vidéo actuels dans lesquels l’on incarne trop souvent des personnages beaux, stylés et plutôt badass.

Avec ses allures de pauvre hère, armé d’une poêle à frire ( si si si ) difficile de ne pas apprécier le duo qu’il va constituer avec la petite Sam, gamine au tempérament trempé et au verbe facile, quand John reste mutique et gêné durant toute l’aventure.

Et de l’aventure, la belle avec un grand A, Eastward en est fécond.

Reprenant le concept du A-RPG, l’on retrouve rapidement les sensations d’un Secret Of Mana ou d’un Zelda, alors que nos protagonistes devront quitter l’île souterraine Cocotte en proie à la menace du Miasme, en direction de l’est et surtout à la surface, zone jusqu’alors inédite sur laquelle bien des choses sont dites. Souvent les pires.


Ainsi commence ce long voyage, coupé en de nombreux événements et rencontres. Une manière intelligente de parcourir le jeu et sans lassitude vu la succession des saynètes qui constituent cette belle histoire chapitrée.

Pour le coup, Eastward fait mouche. La progression épaissit l’intrigue principale et les situations insolites comme les rencontres renforcent ce sentiment d’un livre ouvert dans lequel chacun des personnages a sa petite importance. Irrésistibles, les protagonistes récurrents aux plus insignifiants, donne une couleur véritable à l’ensemble. Tous différents tant physiquement qu’en attitude, l’on veut échanger avec chacun, souvent sourire ou prendre à cœur leurs accidents de la vie. De fortes amitiés se lient et quelle joie de se retrouver après des absences trop longues.

De quoi mettre de côté la quête principale pour vagabonder ici et là au gré des rencontres.

De petites tribulations qui se font avec plaisir, tant Eastward est un régal pour les oreilles et les yeux. Visuellement, le jeu bénéficie de pixels proches 16 bits, décidément trop rares chez les indés. Fort joli de base avec des animations chiadées, l’on ne peut que saluer les effets de lumières conférant une impression HD du plus bel effet. Du vrai travail d’orfèvre servi par des mélodies accrocheuses rappelant des thèmes connus et qui feront date.

Les clins d’oeil sont là . On retrouve Earthbound mais aussi Undertale ( hommage à Earthbound ) et surtout le jeu Earthborn, ce RPG à la Dragon Quest à tout moment jouable à l’extérieur des échoppes et qui obsède Sam et tous les gamins que l’on croisera. Toute ressemblance avec des événements ayant existés au Japon est bien évidemment non fortuite.

En l’état, Eastward est un jeu plus que solide. Visiter les donjons se fait avec bonheur, les énigmes malignes obligent à switcher entre John et Sam c’est toujours avec fascination que l’on évolue vers l’est.

Eastward n’est cependant pas exempt de défauts. Les allers-retours sont très nombreux et le personnage secondaire en fonction de qui on contrôle en priorité peut être plus handicapant qu’allié véritable car non autonome. Ainsi il peut se retrouver inactif à se faire molester par les ennemis. Un boulet en somme parfois pénible face aux boss.

Mais ce ne sont que des défauts mineurs qui s’envolent aisément vu la tendresse et la richesse d’écriture que propose Eastward. Rarement il m’a été donné de vivre une histoire aussi douce, bercée de bons sentiments salutaires. Chose qui se salue dans notre monde trouble.

Je le signe désormais et me permets de conclure par :  » Achetez-le immédiatement ! « 

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Responsable Editorial Grand Sachem de http://ZePlayer.com I Scribouillard dans des zines de JV et éternel amoureux de jeux nippons insensés I Voix dans le podcast Super Retro Mega X sur Radiokawa.com

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