Nioh 2 : L’Anti Ganbare Goemon

Avec la fameuse saga de Konami popularisée durant la période 16 bits, Nioh 2 partage le même floklore fait d’un Japon féodal, de mysticisme, démons et autres yôkais. Pour le reste, la Team Ninja pioche plus franchement dans le savoir-faire de FromSoftware et sa série des Souls qui a donné naissance à Bloodborne puis récemment Sekiro, proche cousin de ce Nioh 2. Quand on pense que tout part de King’s Field en 1994 sur la première PlayStation .

Amis de la crispation, de la rage et de la galère, Nioh 2 ouvre les portes de son délicieux enfer.

Pour se faire, l’on crée son personnage, masculin ou féminin au choix grâce à un éditeur des plus fourni, à tel point que l’on se croirait dans un menu de création d’un jeu WWE 2K. Un large choix de coiffures, de modifications physiques est possible où tout est customisable ou presque plus le choix de sa métamorphose en yôkai. On y passe du temps à affiner celle ou celui qui nous accompagnera durant ce cruel périple. Un souci du soin tout à fait appréciable et rassurant sur la qualité de la réalisation.

Durant ce moment, l’élu(e) entend ses parents défunts l’orienter sur son devenir avec une certaine bienveillance alors que son destin sera des plus funeste. Ambiance.

Nous voilà plongé dans une histoire pas toujours maîtrisée et sans grand intérêt au final. Même s’il revêt des aspects RPG, on est loin de ce que l’on est en droit d’attendre d’un jeu du genre. Ce qui tombe bien vu que la proposition de la Team Ninja est toute autre. On a autre chose à fiche que de se taper des lignes de scénario, seule la survie compte.

Les larmes ont coulé lors de la sortie de Sekiro qui bénéficiant d’une hype sans précédent, s’est vu acheté par beaucoup de joueurs qui ne voyaient en lui qu’une formidable invitation au dépaysement sans savoir combien les jeux FromSoftware sont pourtant réputés pour leurs difficulté.

Spoiler Alert : Nioh 2 est du même tonneau.

Sans grande surprise dans son concept pour les aficionados du développeur, Nioh 2 se démarque par ses incroyables environnements  ténébreux tout en sachant être lumineux à l’image de ces majestueux cerisiers en fleurs et ces passages crépusculaires purement magnifiques. La Team Ninja ne se moque pas du monde et a véritablement progressé pour la partie technique. S’il n’est pas le plus beau jeu du moment, difficile de ne pas saluer le travail accompli. Les environnements sont riches en détails, foisonnent de maintes choses que l’œil averti prendra un certain plaisir à contempler. Une direction artistique remarquable dont bénéficie le bestiaire fait de soldats bidons et de créatures infernales tout à fait saisissantes.

Ces ennemis en nombre, vous en veulent. C’est ainsi, dans Nioh 2 il n’y a pas la place à l’amitié ( sauf à jouer en multi) vu que tout le monde souhaite vous occire. La place à la promenade façon Breath Of The Wild n’a pas cours en ces sinistres lieux et mieux vaudra s’armer en conséquence et de patience pour se défaire des odieux.

A ce titre les menus d’équipements et de compétences seront salutaires. Certes on y passe du temps, mais avec un peu de pratique, les choses se font aisément. Si vous avec vaincu l’interface de Death Stranding, aucun souci.

Et il vaudra mieux se préparer. Un frêle ennemi peut vous mettre à mal en quelques secondes si l’on s’est mal employé à l’éliminer et ce même si on s’est pourtant correctement équipé. L’accident bête est monnaie courante, alors quand les rencontres avec des belliqueux autrement plus dangereux se font, la fuite devient une option évidente bien qu’il faille à un moment donné rentrer dans la mêlée. Après tout, on est ici pour ça et pas autre chose.

Dead & Retry, à la manière des jeux d’arcade des années 80-90, qui voyaient mes pièces s’engloutir dans leurs bornes. On perd et l’on recommence inexorablement à chaque check point. On étudie le terrain, on analyse les déplacements ennemis, et on s’emploie à agir autrement. Apprendre de ses erreurs, souffrir de la situation et s’accrocher, en poussant quelques noms d’oiseaux. Le sel du jeu vidéo en somme, ce que beaucoup de joueurs non habitués notamment les plus jeunes qui ont pour pratique le respawn et la barre de vie qui remonte ont du mal à comprendre. Qu’ils se rassurent, les plus vieux peuvent souvent trouver la chose décourageante.

Heureusement , Nioh 2 n’est pas avare en objets à glaner que ce soit en armes comme élixirs curatifs. De quoi se constituer un bon paquetage pour progresser plus sereinement.   Mais c’est surtout la dextérité et la pugnacité du joueur qui fera la différence. En fonction de l’arme, l’on peut à tout moment changer sa méthode d’attaque. Haute, moyenne ou basse, ce sont autant de moyens de causer du dégât. Un apprentissage certes nécessaire mais qui se fait en douceur tant il est plaisant de s’adapter à ses adversaires.

Ajoutons une parade en mode yôkai et des actions fatales jouissives en fonction des lames utilisées.

Enfin le Ki permet de récupérer de l’endurance plus rapidement et de nettoyer les zones corrompues. Un jonglage permanent qui intensifie chacune des parties.

Avec autant de bons points, on ne peut que recommander Nioh 2. Élégant visuellement, il sait surtout dévoiler un trésor de gameplay certes un peu rude mais qui offre une véritable profondeur une fois maîtrisé.

La Team Ninja réussit son pari et marche allègrement sur les plates-bandes de FromSoftware avec une certaine maestria. En attendant un retour plus brutal et arcade de Ryo Hayabusa dans un épisode de Ninja Gaiden et la venue prochaine de Ghost Of Tsushima, on appréciera ce lugubre printemps japonais des plus réussi.

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Responsable Editorial Grand Sachem de http://ZePlayer.com I Scribouillard dans des zines de JV et éternel amoureux de jeux nippons insensés I Voix dans le podcast Super Retro Mega X sur Radiokawa.com

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