Concrete Genie : A du mal à sortir de sa lampe…

Lorsqu’il s’est montré dans quelques trailers, Concrete Genie avait tout du jeu à caution fraîcheur, sur une machine plutôt réputée pour être For The Players qui aiment bien la violence décérébrée et le grand spectacle histoire de calquer définitivement avec le cinéma blockbuster, bien qu’il – et c’est fort heureux – existe des jeux en marge, plus poétiques sur ce même support. Concrete Genie d’en être.

Que la vie peut sembler morose quand on habite la petite ville portuaire de Denska. Ses marins, ses habitations sinistres, une ambiance qui hume bon le désespoir quand elle ne nous plonge pas en plein Dickens avec son héros aux prises avec une bande de mauvais garnements qui lui inflige des coups pendables en se moquant de son âme d’artiste.

Seul refuge positif à son quotidien, Ash passe son temps à dessiner plutôt que de sombrer dans l’alcool comme pour – on l’imagine – ces solides gaillards qui partent la nuit durant relever les filets au large.

Lors d’une énième attaque des petits brigands, son cahier de dessins se retrouve disséminé en plusieurs pages qu’il faudra alors récupérer. Dans sa quête, Ash tombe sur un pinceau un peu spécial qui lui permet d’insuffler la vie à tout ce qu’il dessinera sur les murs gris de la cité. Ainsi naîtra sous ses yeux ébahis sa première créature vivante appelée génie.

Commence alors une jolie histoire faite de couleurs, de bons sentiments mais surtout d’un ennui mortel. On échappe pas à Denska aussi facilement.

Rapidement les mécaniques et concept sont assimilés. On dessine son génie, qui nous accompagnera de mur en mur à condition de les rendre autrement plus accueillants grâce au pinceau magique. Étoiles, arbres, végétation en tout genre, voilà les graffitis arty que s’offre Ash pour que ses amis loin d’être imaginaires puissent lui rendre la pareil en l’aidant dans sa progression tout en lui manifestant un amour véritable.

Formidable à l’écrit, le résultat s’avère à l’écran aussi terne que Denska. La faute à une trop grande répétition des actions qui si elles sont un véritable ravissement pour les yeux, finissent par lasser vu le manque d’enjeu et d’envergure de Concrete Genie.

Pourtant, il est difficile d’être dur avec ce second jeu de PixelOpus, petite structure qui tente de nouvelles choses à l’image de son Entwinded mal fichu mais surprenant. L’on sent chez ce studio l’envie de création avec un véritable souci du détail. Concrete Genie d’en profiter grâce à une direction artistique fort jolie et un environnement sonore des plus satisfaisant.

Concrete Genie se destine avant tout aux joueurs qui cherchent un bon moment et surtout une nouvelle proposition quand bien même elle n’est pas aboutie jusqu’à ses contrôles motion gaming plus que dispensables.

Toutefois, idéal pour avoir un peu de magie en ces journées pluvieuses.

About Jibé Jarraud
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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