Mega Drive Mini : Choix douteux et grands oublis

Le suspens a été entretenu avec les révélations des jeux qui accompagneront la sortie prochaine de la Mega Drive Mini à travers le monde. Si la machine japonaise bénéficiera de titres différents ( et parfois excellents) de sa version occidentale, difficile de prendre SEGA en défaut vu le catalogue généreux à parcourir, surtout qu’il se voit complété de deux inédits : Tetris très très rare et hors de prix et Darius qui n’a jamais pu voir le jour sur la console quand le second épisode est lui disponible.

Toutefois, à l’excitation montante surtout avec la seconde salve de jeux annoncés, une moue légitime pouvait s’esquisser chez les Segalopins de la première heure qui la quarantaine passée nourrissaient de fortes attentes ; certainement trop grandes.

N’allons pas nous mentir. Sur la liste très qualitative se cachent de vilains petits canards que voici :

  • Space Harrier 2 : Qui n’offrait aucun intérêt sinon faire partie du line up de lancement. Déjà daté à l’époque, hormis faire briller sa licence arcade une dernière fois…

 

  • Altered Beast : Sensation de l’arcade, il faut bien reconnaître que le jeu était déjà peu palpitant le stick en main. Ce portage MD est nettement en dessous, mais comme il était vendu en pack avec la machine à son lancement, il est difficile de l’évincer. Même si…
  • Super Fantasy Zone : N’est pas un mauvais jeu loin de là, mais niveau shoot them up la console a nettement mieux à proposer. Mais comme c’est de l’arcade initialement et du SEGA…
  • Alex Kidd in the Enchanted Castle : L’avant Sonic avait en son temps fait un retour peu apprécié. Certes plus jolie que ses épisodes Master System, l’aventure du petit Prince aux grandes oreilles faisait pâle figure dans le monde des jeux de plateformes. Jeu très moyen dont la présence ne vaut que par son héritage.
  • Virtua Fighter 2 : Incompréhension générale. L’adaptation 2D de ce chef d’oeuvre 3D est une aberration. Peu fluide, intérêt limité, jouer à Virtua Fighter 2 sur 16 bits relève de la punition.

Cinq jeux évidemment SEGA qui prennent de la place sur la quarantaine fournie.

Puis il y a les autres, qui sont là pour d’autres raisons. Les voulait-on ? Tout est question de sensibilité et surtout de vécu.

Toe Jam & Earl : Figures emblématiques des années 90, la paire d’extra-terrestres groovy à la cool ont souvent été mis en avant dans les magazines pour répondre à une jeunesse rebelle aux cheveux longs, Nevermind de Nirvana dans le walkman. S’ils sont très sympas, le jeu qui les accompagne divise. Il s’agit de récupérer les pièces du vaisseau spatial disséminées dans des décors vides plutôt étranges. Cauchemardesque pour les uns, culte pour les autres,  Toe Jam & Earl est devenu un classique légitime mais qui prend une place jugée de trop par ses nombreux détracteurs.

Ecco The Dolphin : SEGA a souvent fait de sa Mega Drive une sorte de laboratoire aux expérimentations audacieuses. Tant pis si elles ne trouvent pas leur public, elles sauront à défaut interroger les joueurs. Les convaincre comme les traumatiser. Ainsi cette simulation de dauphin sur fond d’écologie s’est mise en marge de toute la production plus classique. Plutôt joli et jouable, on ne compte plus les crises de colères sur ce jeu dont certains cherchent encore l’intérêt. Son annonce sur MD mini n’a pas dû réjouir l’ensemble des ceux-ce qui se l’offriront en septembre prochain.

Street Fighter II’ : Histoire de répondre à la présence de Street Fighter II Turbo sur la Super Nintendo Mini, SEGA a trouvé judicieux d’inclure ce hit de Capcom. Sauf que tant graphiquement qu’à l’audio, le portage est en deçà de son homologue. Mieux valait s’intéresser à Super Street Fighter II ( dispo sur la Super Famicom Mini – La Snes Jap) nettement mieux fini. Ajoutons que jouer à ce fighting game avec une manette trois boutons est parfaitement imbécile vu qu’il en manque trois. De plus, il existe des compilations de tous les Street Fighter 2D en arcade presque perfect sur la majorité des supports actuels.  SEGA aurait dû privilégier Yū Yū Hakusho: Makyō Tōitsusen ( dispo sur la MD mini Jap), cet incroyable jeu de Treasure au gameplay précis et à la nervosité épatante. De quoi rajouter un inédit bienvenu.

Ghouls’n Ghosts et Strider : Deux grands classiques de l’arcade faits par Capcom qui ont su faire les joies des possesseurs de Mega Drive qui avaient dans leur salon des portages assez fidèles reprogrammés par SEGA. La question de leurs présences peut se poser. N’aurait-on pas préféré jouer à des jeux exclusifs ? Super Ghouls’n Ghosts sur Super Nintendo est fait par Capcom directement pour la machine. Sa légitimité en est renforcée.

Des choix pas toujours judicieux mais qui nous évitent fort heureusement le meilleur du pire avec par exemple : Fatal Labyrinth, Super Hydlide ou Flicky. Il y en a d’autres…

La place prise par ces jeux majoritairement dispensables empêche la disponibilité de plus fameux que l’on va se remémorer dans ces colonnes.

Quackshot : Dans la droite lignée de Castle Of Illusion, les aventures du célèbre canard manquent cruellement à l’appel. Accrocheur de par les différents voyages de Donald, le jeu bien que finalement fort classique, a su se hisser haut dans les cœurs des joueurs. Un incontournable.

Rocket Knight Adventures : Mascotte de Konami ? On y a bien cru alors que pour son arrivée chez SEGA le développeur offre à la machine un jeu inédit de très grande qualité. De quoi rendre jaloux les possesseurs de Super Nintendo.

Ristar : Moins emblématique que Sonic, la petite étoile partage avec le hérisson une compétition à la mascotte pour remplacer Alex Kidd. Plus exactement les bras extensibles de Ristar sont repris des oreilles d’un lapin bien mignon qui aurait pu devenir la figure de proue de la marque si le choix s’était porté sur lui. Arrivé en fin de vie de la Mega Drive, Ristar en impose visuellement et montre sans sourciller combien la machine en avait sous le capot.

Virtua Racing : Scandale lors du Summer CES de 1993 à Chicago ( L’avant E3 : les présentations de jeux vidéo se faisaient en deux CES, l’un hivernal à Las Vegas l’autre l’été à Chicago). SEGA présente fièrement son portage de Virtua Racing sur sa console dans une version à ce point proche de l’arcade qu’il s’agissait bien de cette dernière légèrement modifiée pour duper une assistance qui a rapidement découvert le subterfuge. Faute avouée à moitié pardonnée, Virtua Racing est une franche réussite sur Mega Drive, avec une 3D face pleine du meilleur effet, les quatre vues VR caractéristiques et la possibilité de jouer à deux. La meilleure réponse de SEGA aidé de son SVP à Nintendo et son Super FX pour Star Fox.

Flashback : Cocorico ! Ce jeu made in LA FRANCE a été longtemps une vitrine technique de la console et s’est rapidement identifié comme jeu exclusif alors qu’il sortait la même année sur l’ordinateur Amiga 500. Qu’importe, quiconque parlera de Flasback comme un jeu Mega Drive en se moquant du portage Super Nintendo un cran en dessous. Paul Cuisset aura réussi à faire fantasmer alors qu’il n’était qu’en photos preview dans les magazines, puis rêver.

Alien Soldier : En terme de nervosité, ce jeu de Treasure sait satisfaire les aficionados de l’arcade. Sorte de Run & Gun façon Boss Rush, Alien Soldier sait se démarquer de la concurrence et gravit sans mal les plus belles marches du Palais du jeu vidéo. Remarquable de jouabilité, immédiatement amusant, cette production démontre une fois encore, combien la machine sait se montrer redoutable.

Michael Jackson’s Moonwalker : Si l’on doit évoquer un titre emblématique de la Mega Drive, Moonwalker se pose là. Nouvelle incursion de Bambi chez SEGA après le Moonwalker arcade, la version domestique restera un souvenir éternel alors que la star était à son meilleur. Il est désormais le témoignage d’une époque révolue et d’un partenariat entre SEGA et The King Of Pop vu qu’il campera un rôle dans le jeu Michael Jackson in Scramble Training sur l’imposant simulateur AS-1 tandis qu’il participera à la création de musiques pour Sonic 3. Les nombreux scandales entourant Jackson même après sa mort, font qu’il semble peu opportun de le retrouver sur la Mini.

Aladdin : Est-ce des problèmes de droits qui empêchent Aladdin de s’installer confortablement dans la Mini alors que des jeux Disney s’y retrouvent? Dommageable tant le jeu de David Perry a su marquer l’histoire en ridiculisant le Aladdin de Capcom pour Super Nintendo lors du Summer CES de Chicago en 93. Secondé par les animateurs du dessin animé, le résultat à l’écran fit sensation. Aladdin c’est sur Mega Drive, c’est ainsi et c’est un fan de la version Capcom qui l’affirme.

De très bon jeux, la Mega Drive en est pourvue. La liste est longue et cette sélection européenne peut largement être complétée de la plus belle des manière. On se rappellera de Gynoug, Aleste / Musha ou Eliminate Down entre autres Gaiares pour les shoot them up tandis que les plus pointilleux auraient préféré Thunderforce IV au III.

Quid de Mazin Saga, de Ranger X?

Quelque soit la sélection, elle ne fera jamais l’unanimité ; les goûts de chacun étant parfois assez contradictoires. Si l’on peut reprocher certains choix de SEGA, difficile pour autant de bouder cette Mega Drive mini vu les nombreux hits qui satisferont les plus esthètes.

Reste à voir la qualité plastique finale pour se convaincre à l’achat et sur ce point nous pouvons faire confiance à SEGA.

 

About Jibé Jarraud
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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