Le Roi reprend-il son trône?

Difficile d’appréhender la première présentation du nouveau KOF en son temps. Graphismes simplistes dignes d’une PS2 en fin de vie, retour d’un look façon Maximum Impact peu apprécié, les augures étaient loin d’être favorables.

Les mois passent, l’ensemble s’affine sans pour autant prétendre à être canon de beauté et les vidéos de plus en plus régulières se veulent d’un dynamisme certain. Le doute plane, et dans nos colonnes l’on mettait en avant que la surprise pourrait être bonne.
Désormais en mains, les interrogations s’évanouissent : Le dernier épisode de la série est bon.

King Of Fighters XIV nous arrive généreux. Ici pas de personnages au compte au goutte ; l’on sent que SNK Playmore a voulu marquer sa différence avec Capcom et son Street Fighter V famélique, en proposant cinquante combattants dont dix-neuf nouveaux assez folkloriques, sans dépenser un centime. Certains emblématiques passent hélas à la trappe, mais il y a de quoi jouer et surtout exploiter pleinement le jeu.

Mieux, chacune des équipes bénéficie d’un mode histoire plutôt bien fichu et assez long et ce dès la galette insérée dans la machine. De quoi se moquer d’un Capcom et ses pièces à rajouter.

Tout ceci est bien, mais à l’écran les promesses sont-elles tenues.

Soyons taquins. Graphiquement oui. La promesse d’un jeu visuellement honteux en 2016 est assurée. Toutefois, l’ensemble est assez cohérent et propre.  Loin d’être vilain, KOF propose quelques jolis décors. L’on peut regretter l’aspect poupée plastique des participants au tournoi, voire le manque de caractère de certains à cause du rendu général.  Mon  pauvre Terry, mon ami de vingt-cinq ans, que t’ont-ils fait !

Mais l’important dans un jeu de combat est bien l’animation et surtout le gameplay  A ce niveau KOF XIV ne peut être pris en défaut.

Connu pour être très technique, le voilà plus abordable que de par le passé tout en conservant son sel. Concrètement, un néophyte pourra sans mal s’amuser et sortir des coups et des super sans pester, tandis que le vieux briscard au joystick usé appréciera retrouver la finesse  propre à la série. Pas de trahison, nous sommes bel et bien devant un vrai jeu d’arcade qui transpire ce que les années 90 savaient faire de mieux.

Très violentes, les joutes surprennent par leur intensité. Les combos fusent, les furies s’enchaînent les doigts dans le nez. Le produit SNK Playmore est un vrai défouloir complètement jubilatoire. On rage, on rigole et on s’amuse comme avant.

KOF en impose et réussit son comeback sans broncher. Complet, dynamique, customisable il est une excellente alternative à Street Fighter V sans être ce grand cru bourgeois classé que l’on aurait souhaité par le manque de travail de ses artisans.

Qu’importe, il est tout de même loin d’être une infâme piquette et peut se boire jusqu’à la lie tant il est agréable.

A SNK Playmore de fignoler sa prochaine cuvée.

A propos Jibé Jarraud 148 Articles
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com