Arcade Sensation : Fatal Fury

Ryu, Ken. Des noms à jamais éternels et véritablement souvenirs pour ceux qui un jour de 1991, insérèrent une pièce de monnaie dans une borne d’arcade jouant Street Fighter II. Deux personnages emblématiques, fiers belligérants représentant les années 90 de mon adolescence. A moins que… nous fassions fausse route.

Car si un protagoniste un seul se doit d’être icône de cette décennie bénie, c’est bien Terry Bogard, le mec le plus cool croisé dans ma vie de joueur. Ceci est bien entendu subjectif.

Tout commence avec la découverte de Fatal Fury de SNK en 1991. Largement inspiré du jeu de Capcom, il offrait lui aussi des joutes bestiales entre trois héros et maints assaillants. Les frères Bogard, Terry et Andy, veulent venger la mort de leur père adoptif Jeff Bogard, tué par le vil Geese Howard en s’inscrivant au Tournois King Of Fighters, accompagnés de leur copain Joe Higashi.

Rapidement, on notera le look atypique de l’ainé de la fratrie Bogard pour le genre Vs Fighting. Cheveux longs blonds, Jean’s, Baskets type Vision aux pieds (voire Reebok Pump ), Cuir et Casquette. Les habitués du magazine Player One auront bien entendu remarqué l’étonnante ressemblance entre la mascotte Sam Player et ce Terry nouvellement débarqué dans leur univers. De quoi le prendre en sympathie. Mieux, Terry de par son attitude débonnaire assez rock n roll, s’inspire des codes des ados mi 80 – début 90.

 

Terry Bogard

MTV est le Network le plus rebelle du moment, le Hard Rock et l’émancipation du Grunge posent des bases solides d’une jeunesse contestataire et avide de nouveauté. Le cinéma d’action explose, l’arrivée des effets spéciaux élaborés chamboulent le loisir. On parle de CD, tout est flashy et coloré après le noir et blanc sordide des années 80.

Un revival des 70’s en somme.

Terry Bogard s’inscrit dans cette mouvance et devient le grand frère que je n’ai jamais eu. « Ouééé les aminches, ce mec, quel mec les potaux ! Il est bath, il est cool !  » aurait pu écrire Marcel Gotlib dans une des ses bandes dessinées.

Confirmation dès l’épisode 2 des tribulations des  » Lone Wolves ». Plus adulte et affirmé, le trio se bonifie et les regards avisés souligneront que Terry est décidément encore plus cool. Le cuir voit ses manches déchirées, la queue de cheval est encore plus longue et les Converse caractéristiques sont désormais de la partie. Le jeune homme se la joue nonchalant avec des relents de trompe la mort, tout en conservant son sel originel. Bodhi Salver, personnage prépondérant du film Point Break campé par Patrick Swayze serait-il passé par là?

Pour le coup l’imagerie rock se voit renforcée. On pensera à Axl Rose de Guns N Roses dans sa meilleure période, à Whitfield Crane d’Ugly Kid Joe et bien d’autres. Pour sûr qu’il écoute Nirvana tellement il est cool ce copain qui jette négligemment sa casquette en l’air dans une pose du plus bel effet alors qu’il gagne un match. « Ok ! » Prononcera-t-il alors. La classe.

Autre hasard made in Player One, Cyril Drevet porte les cheveux longs et une casquette pour les émissions Televisator 2 et Player One sur MCM. Cool que l’on vous dit !

 

Mais un look ne fait pas tout et c’est bien sur le champ de bataille que Terry Bogard va faire sensation. Si le premier Fatal Fury pêchait par une jouabilité un peu laborieuse, le second épisode efface la bévue se hissant pratiquement au niveau de Street Fighter II. Nécessairement, les comparses vont profiter de ce soin et Terry de se démarquer une fois encore. Plus péchues et nerveuses, ses attaques remaniées deviennent esthétiques et accrocheuses. Jouer Terry est un véritable plaisir tant il est complet.

Les années, passent, le tournoi The King Of Fighters devient une Licence de jeu vidéo et Terry est une fois de plus de la partie casquette vissée sur le crane.

C’est dans l’épisode Mark Of The Wolves que l’américain va s’affirmer le plus. Approchant la trentaine, sa garde robe va connaître quelques évolutions. Est-ce sous l’impulsion de Blue Mary, sa petite amie rencontrée dans Fatal Fury 3, ou la mission qu’il s’est confiée d’élever Rock Howard, fils de l’ennemi vicéral décédé dans un ultime affrontement.

Toujours est-il que le héros reste ce qu’il est. Le cuir aviateur remplace l’ancien, et une paire de bottes éclipse les converses passées de mode fin 90; tout ceci est authentique. Si l’on y réfléchit bien, à l’instar d’un Harry Potter grandissant avec ses lecteurs, Terry fait de même avec les joueurs.

Un bon camarade souvent présent, accompagnant jusqu’à l’âge de raison. Non pas qu’il soit modèle à suivre mais héritage d’une époque assurément. Nous étions des joueurs engagés, élevés dans une culture d’insubordination, gentils et joyeux regimbeurs, alors que le facétieux Parker Lewis, ne perdait jamais face à son Proviseur dans la série éponyme.

Et ceux qui un jour de 1991 décidèrent de choisie l’orphelin vengeur en appuyant le « start button », comprendront assurément mes propos. Je le redis encore : Que le jeu vidéo redevienne le mauvais garnement qu’il aurait dû rester.

Jibé

A propos Jibé Jarraud 146 Articles
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com