E3 2016 : La fainéantise est de mise

A lire ici et là les réactions de réseaux sociaux, les retour des sites spécialisés, il semble que ce cru 2016 puisse être classé Bourgeois Millésimé pour le Château E3.  La dithyrambe est au rendez-vous, l’émerveillement aussi si l’on tient compte de Death Stranding de Kojima, ce trailer qui ne présente rien sinon Norman Reedus, rescapé de Silent Hill P.T dans une nébuleuse aussi artistique que vaine.

Mais l’on aime se la secouer de la main droite, arguer que sans en avoir vu quoi que ce soit, que cette production sera un grand jeu.

Traitez moi de blasé, mais le verre qui m’a été donné de boire n’est pas de la meilleure année de cette Maison dite de prestige.

Rondement menées, les deux conférences ont été d’une redoutable efficacité. Des jeux encore des jeux, rien que des jeux. Peu de parlotte ( surtout chez Sony) et cette volonté de enfin dégainer à bientôt trois ans de vie des machines. Oui il y aura des exclusivités sur chacune d’entre elle.

Pêle-mêle sur Xbox  : Gears Of War 4, For Honor, Dead Rising 4, Recore, We Happy Few, ScaleBound, Sea Of Thieves, State Of Decay 2, Halo Wars 2, avec la disponibilité de certains sous Windows 10.

Sur PS4 ( Vita où es-tu ? ) : God Of War, The Last Guardian, Days Gone, Horizon, Detroit et le retour de Crash Bandicoot qui se verra remasterisé. Il y a aussi le casque de réalité virtuelle et ses cinquante jeux à venir. A 400 euros le périphérique, il faudra bien le nourrir.

Et d’autres petites choses ici et là.

Alors, la fête est complète non?

Tout dépend de quel côté l’on se positionne. Quantité n’a jamais fait qualité. Et si qualité est au rendez-vous, c’est bien visuellement.
Rien à reprocher, les studios se donnent  pour proposer des graphismes toujours plus détaillés, des trailers qui n’ont plus rien à envier à Hollywood mais qui comme pour l’industrie du Cinéma, servent surtout à faire de l’épate, enivrer le spectateur et le dupent. La forme avant le fond  ; cette fille d’un soir est toujours plus belle la veille que le lendemain au réveil.

C’est que ( et c’est très personnel), la plupart des jeux présentés ne m’a aucunement attiré. La faute à un manque certain d’inventivité et de prise de risques.

On retrouve à toutes les sauces cet environnement verdoyant, faits d’arbres, de roches, d’un ruisseau ici, d’un animal là.

Prenons Uncharted premier du nom et changeons juste son protagoniste. On obtiendra tour à tour The Last Of Us, God Of War, Horizon, Days Gone comme Tomb Raider. Notez que j’aurais pu prendre Tomb Raider premier du nom en exemple.

On change une variable ici, un mouvement là. L’un sera plus cascadeur, l’autre plus guerrier. Je privilégie l’action à la plateforme ou plutôt l’inverse. A croire qu’il y un modèle unique que l’on customise à volonté.

Et quand la bonne idée ne vient pas, on y colle des infectés ( zombies? ) dans Days Gone qui évoluent en hordes galopantes histoire de donner une tension. Tension? Vous plaisantez?

Alors on se rassure comme on peut avec l’arrivée prochaine de Resident Evil VII qui semble renouer avec le genre Survival Horror pur et dur. Mais là aussi, difficile de crier au génie. On reprend la sensation de P.T et on profite de l’annulation de Allison Road . Tu parles, Outlast a déjà fait des siennes. Quand un genre fonctionne c’est toute l’industrie qui fonce tête baissée sans réflexion.

Super Mario et ce sont des centaines de jeux de plateformes qui nous sont arrivées dans les années 80-90.
Street Fighter II est une révolution et l’on ne compte plus le nombre de clones.
Resident Evil 4 ouvre la voie du TPS que la concurrence n’hésite plus à l’emprunter sans vergogne.

J’évite soigneusement de parler d’Open World bien entendu…

Cette industrie a un cancer et la rémission apparaît de plus en plus délicate. Prochaine étape le VR et ses excès, quand il ne s’agira pas d’un David Cage qui frappera du poing en accusant tout le monde que son scénario de Detroit est révolutionnaire, après s’être tapé tout Asimov, Blade Runner, Bubble Gum Crisis et puis tiens Snatcher pour rester dans le jeu vidéo. Ha Ha Ha.

Reste que The Last Guardian me fait de l’oeil, We Happy Few ( trop Bioshock mais bon ) est séduisant quant à Sea Of Thieves je le souhaite comme un grand retour de Rare. Attendons en main.

Trois années bientôt que ces consoles sont commercialisées et ce sera bien la première fois que je n’en aurai pas achetée une. Il y a le PC d’un côté, la Wii U de l’autre.

Cet E3 ne forçant pas à l’investissement, ai-je véritablement besoin de perdre de l’argent?

A propos Jibé Jarraud 146 Articles
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com