Dead Island : Voyage au pays des nanars

Pas si simple de se frayer un chemin dans la jungle des favoris du public geek. D’un côté les FPS, de l’autre les zombis. Valve avait réussi le pari de les combiner dans un défouloir sur deux épisodes : Left 4 Dead, jouant allègrement de son côté nanar assumé.

Techland, studio Polonais connu notamment pour son FPS Call Of Juarez, s’est décidé à marcher sur les plates-bandes de l’Américain, en y allant d’une campagne de séduction tout à fait remarquable.

Un trailer monté à l’envers, présentant de terribles événements de la manière la plus choquante et décalée qui soit ( il commence par la mort d’une petite fille zombifiée et ensanglantée), a réussi à générer un buzz sans précédent.

Excitant et intriguant, Dead Island devenait le jeu dont tout le monde allait parler. Reste à savoir si ce sera en bien.

 

 

SOUS LE SOLEIL DES TRAGIQUES.

Nécessairement, quand on se veut aussi alléchant, contenter les attentes devient impératif. Et Dead Island offre un constat en demi teinte. D’abord le fan de FPS risque de grincer les dents. Sur l’île de Banoi, on s’affronte plus avec ce qui nous tombe sous la main, plutôt que de nourrir le feu sur les purulentes créatures ; les armes n’étant pas monnaie courante.

Du contondant en pleine poire, voilà concrètement la manière la plus usitée de se défaire de ses assaillants. De la rame, de la machette à la bouteille de gaz, en passant par divers objets, Dead Island devient une sorte de Dead Rising à la première personne.

Mais rappelons que vous aimez les zombis, alors après tout pourquoi pas. Techland minimise les risques, et sait flatter un public plus à même de préférer des créatures morbides au final archi convenues, que des Chrosomes de Bioshock.

Vu la santé financière du studio, difficile de tenter l’originalité. Bioshock, Mirror’s Edge ou Zeno Clash en auront fait les frais malgré leurs qualités.

Il est donc de bon ton de souligner cette fraîcheur ; plagier Left 4 Dead aurai été vain. Pourtant, Dead Island pêche par un manque évident de soin. Jamais vilain, le moteur graphique peine cependant à convaincre par endroit. La carte est vaste, très vaste, mais semble avoir quelques lacunes d’affichage.

Pire, des zombis apparaissent d’un coup d’un seul. Bravo pour le côté flippant de la chose, mais cette mise en scène reste involontaire. Et le jeu de se perdre dans des combats souvent brouillons, et risquant la noyade vu le niveau pauvre du gameplay, se résumant à des quêtes inconsistantes et redondantes. Glaner un objet ici ou là n’a rien de bien palpitant.

Ajoutons des incohérences comme ne pas pouvoir prendre dès le début du jeu une hache au sol alors que l’on sent le danger poindre.

Dead Island ne semble pas être à son meilleur, et sent la production vite faite à grand renfort d’une brillante campagne marketing. Heureusement que l’on peut l’appréhender d’une autre manière.

CE Z LUI VA SI BIEN.

Il ne faut pas prendre Dead Island pour ce qu’il n’est pas. A grosse production, il faut répondre par nanar. Oui, le jeu de Techland est un vrai nanar, mais un bon nanar comme ceux que l’on aime regarder avec de la pizza, des bières et quelques amis fins connaisseurs qui ont grandi avec des lectures telles que Mad Movies. De la belle série Z.

 

Déjà son background à peu près original. Exit le centre commercial reprit du film Zombie de George.A Romero, ou les lugubres ruelles à la Thriller. L’île de Banoi et son cadre paradisiaque détonne, vu qu’une grande partie des affrontements se fait sous le soleil.

 

Un décalage absolu, franchement agréable alors que le jeu conserve l’aspect stressant du zombi véloce bien décidé à se bâfrer de chair humaine. On notera des dialogues d’une rare bêtise, notamment lors de choix à faire. Et c’est certainement la force du titre. Être dans les lieux communs, tout en l’assumant pleinement, de quoi limite s’en affranchir.

Enfin, le sérieux de Dead Island est à l’opposé de la grosse marrade d’un Left 4 Dead. L’on pourra sourire durant des démembrement jouissifs, que le stress ne se ressent pas de la même manière. L’amateur de sensations fortes saluera la chose.

Bancal et mal fichu, Dead Island est au prime abord une déception. Le manque de soin pourrait lui être préjudiciable et le retour en occasion conséquent. Tant mieux en un sens vu que le jeu est souvent en rupture.

Mais si l’amateur de films d’horreur qui sommeille en vous, prend le temps de s’y consacrer, certainement que le plaisir sera au rendez-vous.

Dommage que Techland ait plus fignolé son trailer que l’ensemble, mais dire de Dead Island qu’il est un mauvais jeu serait une erreur. Un voyage au final chaotique. Bah ; du moment que l’on arrive à destination.

 

 

Jibé

About Jibé Jarraud
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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