Arcade Sensation : Final Fight

Il serait de circonstance de fêter de temps à autres l’anniversaire de Double Dragon, célèbre beat them up sorti en 1987. Pourtant rien n’y fait, le roi du genre reste Final Fight.

 

Bien entendu, tout ceci est subjectif et vous commencez à connaître mon amour pour ce jeu, mais Final Fight a une plus grande aura auprès des joueurs que le jeu de combat de Technos. La raison en est simple : L’ambiance et la cohérence même de son écriture.

Si ce type de divertissement a un scénario aussi mince que le cortex d’un candidat de secret story, à savoir une minette enlevée par une bande de gredins et des héros à leurs trousses, Final Fight lui innove en améliorant le concept. En effet, il le fait à la manière d’un film ou série américaine des années 80. Il suffit de camper une situation, un décorum, des protagonistes à la forte personnalité.

Ainsi Mike Haggar, Maire de Metro City retraité des combats de rue et des rings de catch, reçoit un appel visio de Damnd, un des colonels du Gang Mad Gear. Quelque peu persifleur, l’infâme s’amuse de l’enlèvement de sa fille  Jessica. Haggar qui n’est pas du genre à dépenser l’argent de ses concitoyens dans des frais de police, décide de mener sa propre milice, aidé de deux comparses en les personnes de Cody  petit ami de la belle et Guy meilleur ami du godelureau.

 

Mine de rien, c’est avec ce genre de petites fantaisies, que le jeu s’offre un capital sympathie évident. Un père en détresse secondé de compagnons d’infortune amplifie le côté quête. Mais il y a mieux, l’ambiance…

Cette dernière est tout à fait singulière. Reprenant ce que les cinéma d’action fait de mieux, Final Fight propose des décors et des personnages ressemblants au film de Walter Hill: The Warriors. Le kitsch à son meilleur, avec du cuir, du poil et des cheveux longs. Pour rester dans la thématique, le scénario de Final Fight a des ressemblances avec le film Streets Of Fire, dans lequel le héros doit sauver sa fiancée des griffes d’un gang de motards. Ce dernier se nomme Tom Cody…

On retient aussi Final Fight pour ses nombreuses références, qu’elles viennent du monde musical ou du catch.

Revenons rapidement sur la chose, même si le Hidden Palace du Dr Lakav l’a parfaitement évoqué. Les sbires de Mad Gear ont des noms empruntés à de grands groupes de rock et hard rock. Les plus évidents étant Axl et Slash, respectivement chanteur et lead guitar de Guns n Roses. Allez comme vous m’êtes sympathique et que je les trouve accortes, les amazones Roxy et Poison viennent de Roxy Music et de Poison le groupe de Hard Rock. Quant à Sodom, vous pourriez être surpris…

Des références donc, mais au delà de son appartenance très Hard & Heavy, Final Fight s’octroie une filiation évidente avec le  catch. On sait que Mike Haggar est un ancien champion de catch, mais il n’est pas le seul lutteur que l’on rencontrera durant ces pérégrinations.

Ainsi on affrontera le clan Andore, ( rapport à André le géant, An-Do-re étant la façon japonaise de dire André) grande lignée de catcheur de pères en fils. Il faut savoir que le clin d’œil n’a rien d’anodin, vu que de grandes familles de catcheurs existent, que ce soient les Von Erich ou les Hart ( Bret, Owen, The British Bulldog, Jim Neidhart etc…). Pour les Andore, ces derniers s’appellent tous de la même manière, avec des différences telles que Jr, Sr. Cette similitude est due au Puroresu le catch Japonais, avec la série de catcheurs appelés Tiger Mask, comptant plusieurs numéros, du Tiger Mask originel au Tiger Mask IV actuellement en compétition. Abigail un autre boss, est lui aussi lutteur, et reprend curieusement la combinaison caractéristique du clan Andore.

Référence à la mascotte décharnée Eddie du groupe Iron Maiden, Edi E  est un flic corrompu et un hommage au Big Boss Man de la WWF. D’ailleurs le fait qu’il se retourne contre son employeur premier Mike Haggar a un petit côté storyline et créé une rivalité entre deux lutteurs.

Enfin, par deux fois nos héros se retrouveront dans des arènes de combat, comme un ring ou une cage.

Pour toutes ces raisons, Final Fight a laissé cette empreinte indélébile sur le monde des beat them all et plus largement sur le jeu vidéo. Étant de surcroit très jouable, et proposant trois styles de combat différents, il devenait nécessairement le favoris des joueurs en salle d’arcade.

Largement adapté sur bien des machines, il ne faudra retenir en occident que la version Mega CD qui reste la plus fidèle à la version arcade vu qu’elle est jouable à deux au contraire des versions Super Famicom qui sont pourtant très réussies viusellement. Les japonais ont eu la chance d’avoir un portage d’une grande fidélité sur l’ordinateur X6800 de Sharp. Et ne venez pas me parler de Final Fight 2 et 3 tant ces jeux sont misérables en comparaison.

Final Fight est bien plus qu’un jeu vidéo. Il est le témoin d’une époque révolue, celle du glam, d’un genre si particulier peut-être ridicule. Mais il  signe surtout une étape dans le graphisme, vu la qualité du jeu. Une marque de fabrique qui restera longtemps celle de son géniteur durant les années 90, un certain Capcom.

Jibé

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Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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