Sonic Colours : le retour du hérisson

On l’a connu bafoué, jeté en pâture, mis au banc de la société comme d’autres mascottes sauf que dans le cas de Sonic ce sont ses jeux qui l’auront conduit à ce statut de paria.

Sur-représenté, utilisation plus qu’abusive voire douteuse de sa renommée, le hérisson manquait sérieusement de piquant, et tout ce que l’on constatait d’épineux étaient bien ses problèmes.

Passé de star auréolée de superbe, à catin prête à se travestir dans de nombreux immondices, Sonic ne ressemblait plus à grand chose. Et si certains affirment que sa dernière belle aventure était sur Dreamcast, ceux qui l’ont découvert durant l’été 91 les morigèneront en rappelant que Sonic est mort avec la Megadrive. L’amour que voulez-vous.

On aura suivi les récentes tribulations de la flèche bleue, on les aura détestées également. Comment Sega a t-il pu commettre tels méfaits ? Folie ! Et l’on crachera joyeusement au visage de Yuji Naka , qui ne sait même plus s’occuper de sa progéniture. Une honte. Et c’est dans ce contexte particulier que nous arrive Sonic Colours après un lamentable épisode 4 qui se veut moins réussi que le Sonic HD fait par des fans. Autant dire qu’on ne l’attendait pas sous les meilleurs hospices.

Erreur…

Est-ce parce que nous entamons la période des fêtes que les miracles sont possibles? Il faudra le croire. Oubliez ce que vous avez pu voir de Sonic, forcez vous au reset de votre mémoire en conservant l’ère 16 Bit et vous découvrirez VOTRE nouveau Sonic.

 

Il aura fallu 16 longues années à la Sonic Team pour se réapproprier sa vedette. Oui il faut aussi oublier les épisodes Dreamcast injouables et ne respectant en rien le background originel. Car ce qu’offre Colours est bien une piqure de rappel pour les vieux joueurs, et de facto un bain de jouvence pour notre Erinaceus préféré.

Bien entendu, l’on pestera volontiers sur des problèmes de jouablité évidents. La 3D n’est pas ce qu’il y a de plus idoine pour diriger un sprinter de la sorte. De même, l’amplitude des sauts en 2D donne quelques sueurs de colère. Mais baste, ne focalisons pas sur des points de détails aussi légers.

Car Sonic Colours va réconcilier les déçus avec la licence. La magie s’opère par son ambiance emprunte de merveilleux. Mario Galaxy est passé par là. Décors futuristes, de gâteaux, de jungle le tout magnifié par des graphismes de très belle qualité et poussé par une vitesse vertigineuse. Le grand huit sous amphètes dans une atmosphère purement pop culture nipponne. Ils vont vous revenir en tête les sons de Space Channel 5, Jet Set Radio. Que oui !

Sonic reprend son identité, nous fait sourire devant l’écran et nous avons alors tous 15 ans. Oui nom de Dieu Sonic rocks comme avant, rappelle ce qu’est Sega :  un fondateur de l’arcade, du fun plein les mirettes. S’autorise des clins d’oeils à Nights, F Zero et fait le plus beau des pieds de nez à une production déliquescente aux titres tristes et violents. Certainement pas le meilleur jeu de l’année, mais la plus réjouissante des surprises.

Le retour du Roi est amorcé;  attendons de voir s’il peut reprendre son royaume en main à présent.

Jibé

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Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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