Kévin Rodet (1) : Les handicapés du stick

Une barre au front, une gueule de bois post-E3 cuvée 2012. Maux bien difficiles à surmonter. Oh, s’il était question de PlayStation Mobile, SmartGlass ou autre Xbox Music, je poserai bien un mouchoir là-dessus, et jetterai tout cela aux ordures. J’entends dire que le monde du jeu vidéo est cyclique, mais plus les années passent, et plus je me lasse.

 

Tandis que quelque part on salive devant la réadaptation de Tomb Raider, j’ai irrémédiablement choisi la voix crachat. Prêtresse un temps de la plate-forme tridimensionnelle, Lara Croft nous aura tout montré durant cet E3, sauf précisément ce gameplay qui a bâti sa renommée.



A moins que tout ne soit affaire de plastique avantageuse.

Aussi, sommes-nous devenus assez stupides pour croire que le futur projet de David Cage proposera davantage que du Quick Time Event ? On ne m’y reprendra plus avec ces jeux ambitieux, trahissant leur carrosserie impeccable par un gameplay qui se vautre dans la nullité.

Comme un encéphalogramme, j’aimerai qu’on compare l’activité des mains d’un joueur des années 80-90 avec celle d’un joueur de cette génération. Pour sûr, une manette de PlayStation 3 est bien moins périssable qu’un pad de Nintendo 64, éprouvé par quelques soirées Super Mario 64. Que dire de ceux de la Super Nes qui se voyaient jetés de colère après maints échecs sur quelques jeux exigeants.

Quelle camelote veut-il maintenant nous refourguer, ce cher David Cage, attendu en 2010 par tous les médias français comme un révolutionnaire vidéoludique, et qui juste avant la présentation de Beyond, confessait que Heavy Rain était en deçà de ses attentes.

Imposture !

Ma voix ne tarit pas de colère quant aux nombreux titres dévoilés lors de ces conférences. Du rance ! Il y en avait sur scène, sur les écrans, dans le public. Partout !
Chaque annonce résonnait comme une mauvaise plaisanterie, entre un Splinter Cell: Blacklist dénué d’infiltration, dont on devine à peine l’inspiration feignante du sous-titre, et un Resident Evil 6 expurgé de frissons : tout pour que le joueur puisse assister au spectacle, à défaut de le vivre. Le jeune con d’à peine un quart de siècle veut se réveiller et stopper sa nausée. Et l’auteur de ce papier d’en être justement.

Revenir au bon temps de la découverte des épisodes fondateurs de ces séries, que certains de leurs successeurs pathétiques ont élevé au statut mythologique. Quel triste comble.

Dégager tous ces marketeux en costards qui n’arrivent plus à camoufler le vide de leur prestation scénique, et les remplacer par tous ces indépendants nourris au lance-pierre.

Remplacer la clim et l’orangeade par de la sueur et une salle enfumée.

Quelle belle chimère que cette idée de révolution.

 

Kévin Rodet

About Mathieu Goux
Co-Responsable de Ze Player, Rédacteur sur Grospixels.com, Animateur sur Radiojv.com.

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