La déception Ninja Gaiden 3

Que se passe-t-il au sein de la Team Ninja ? L’on peut raisonnablement se le demander vu le dernier épisode de Ninja Gaiden. Tomonobu Itagaki, célèbre producteur connu pour ses nombreuses frasques et déclarations tonitruantes est désormais éloigné du studio. Reprendre l’héritage de sa création apparaissait comme exercice périlleux.

 

  C’est acté, Ninja Gaiden 3 est une déception. Pourtant, il ne sera pas taxé de mauvais jeu, vu que dans l’absolu il tient la route. Enfin, pour les ceux-ce qui oseront dépasser les deux heures de jeu.

  Ce qui fâche de prime abord est bien cette simplification des armements. Un katana, un sort magique et basta. Fini les menus conséquents pour trouver l’arsenal le plus idoine qui permettra d’ occire ses assaillants. De fait on se retrouve à enchaîner les mêmes combinaisons les larmes aux yeux, tant le riche inventaire manque à l’appel.

  Cette volonté de simplification se retrouve également dans les trop nombreux QTE. Décidément le jeu d’action doit souffrir d’une pandémie. Uncharted a su contaminer les autres. C’est moche.

  Ainsi le gameplay se réduit à des couloirs ou des salles, dans lesquels des vagues d’ennemis (peu différents) accourent prêts à en découdre. Ici aucun moyen d’échapper à la punition ; tous devront être éliminés avant de passer à la prochaine zone. Péniblement redondant.

  Puis hop un QTE, et rebelote des ennemis. En une heure de jeu l’ennui se dessine et devient ferme quelques temps plus tard.

  D’autant que le jeu n’offre aucun challenge, pourtant marque de fabrique de la série.

  Et ce n’est pas la mise en scène très hollywoodienne qui viendra égayer la production. Ryû Hayabusa saute partout, dévale des pentes, joue les trompe la mort avec effets de caméra. Certes l’ensemble est saisissant, mais vu et revu maintes fois depuis des années.

  Comme s’il fallait recycler ce qui un temps a fonctionné sans jamais l’améliorer.

  Ce même manque d’idée se confirme dans les boss à affronter. Souvent énormes à l’image d’un T-Rex. Sauf que depuis Resident Evil 4 et ses trolls, on apprécierait voir autre chose. Nous sommes rompus à ses méthodes du toujours plus gros. De Gears Of War à Bayonetta les développeurs surenchérissent et prouvent par la même occasion leur vacuité créatrice.

  Enfin et c’est franchement dommageable, l’ambiance façon Metal Gear vient tout gâcher. Les musiques, ces complots, ces mercenaires et ces militaires. Bien entendu Ninja Gaiden surfe depuis longtemps avec cet univers, mais de là à s’affranchir de sa couleur nippone…

  Remontons quelques années. Ninja Gaiden est connu pour être tour à tour un Beat Them Up sur borne d’arcade, et des jeux d’action plateformes sur supports 8 et 16 bits. Ces titres sont très inspirés du Japon, tant dans l’ambiance, les décors, comme les ennemis.

  Même les premiers épisodes 3D conservent cette particularité assez savoureuse. Pour le coup difficile de comprendre ce volte face.

 Conséquemment, Ninja Gaiden 3 perd de son identité. Amputé des ses armes, dopé aux QTE, faisant fi de ce qui le caractérisait, tout ceci ressemble à la suite de Ninja Blade.

  Nonobstant ces erreurs, il faut bien reconnaître que les dernières aventures d’Hayabusa ne sont pas mal fichues. Très jouable et toujours très classe, on éprouve un certain plaisir à faire évoluer le Ninja.

Pris en tant que défouloir court en occasion, il pourrait même égayer une à deux soirées, surtout accompagné dans le mode coopératif.

  Cependant, Ninja Gaiden 3 représente à lui seul deux fléaux. D’une part l’incapacité des studios japonais à se renouveler. Au lieu de calquer ce que font les occidentaux il serait plus sage et pertinent de se retrouver et de faire du jeu vidéo comme avant.

  Enfin, cette propension qu’ont les développeurs à tout miser sur le visuel et le cinéma en oubliant qu’un jeu est fait pour jouer, signe une fois de plus ce manifeste pour la détestable simplification.

  Ce dernier paraphe est de la main de la Team Ninja. Étonnant et effrayant alors que Dead Or Alive 5 est en approche.

  Croisons les doigts…

 Jibé

About Jibé Jarraud
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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