Interview : JM Destroy

Quand j’étais ado, il y a eu des gens, des courants qui m’ont inspité, influencé. Il y a eu la musique rock et le jazz, les films d’horreur et les jeux vidéo. Aaaaaah satanés jeux, et surtout les mags! Et c’est presque 15 ans plus tard que je retrouve l’un des types qui m’a donné envie d’écrire. Non pas Balzac mais J’m Destroy…

Jibé: Salut J’m Destroy ou plutôt Jean-Marc vu que l’on te connaît maintenant sous ta vraie civilité. Peux tu te présenter rapidement que l’on comprenne à qui on a à faire?

JM : Argh je suis démasqué ! Et bien… J’ai maintenant 38 ans et j’ai travaillé pour de nombreux magazines de jeux vidéo comme Joystick Hebdo devenu mensuel, Micronews, Joypad et bien d’autres ! J’avais 16-17 ans à mes débuts, puis j’ai été rédac chef entre autre de Super Power et de Megaforce, des bibles de jeux pour le groupe Cyberpress et enfin Playmag. J’ai arrêté d’écrire car je dirigeais plus de trois magazines en même temps et je manquais cruellement de temps.

Jibé : Allez avoue est-ce que tu étais Maître Sega?

JM : Non ne ce n’était pas moi ! (rires)

Jibé : L’écriture ne te manque pas?

JM: Un peu, mais j’arrive à m’en passer. Ce que j’écrivais à l’époque ne colle plus avec le mec sérieux que je suis (ahahaha)… T’imagines la zone, maintenant je suis marié (depuis 11 ans) et deux fois papa (de deux garçons : Alexandre et Romain).

En repensant à la période des magazines, c’est vrai que je me suis bien éclaté et franchement j’ai vécu des choses à 20 ans que peu de personnes ont vécu. Imagine, je vivais de ma passion, on me payait pour aller aux quatre coins du monde dans des salons de jeux vidéo à Tokyo, à Las Vegas ou à Los Angeles. C’était vraiment une période remarquable. En plus c’était le début de tout et tout alors était génial. Je m’émerveillais devant un sprite plus gros qu’un autre ou d’un scrolling parallaxe ! C’était une vie de fou, mais une vie géniale.

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Jibé: Tu dois bien avoir une anecdote là sous le coude?

JM: Oh que oui! A Londres durant l’ECTS, au tout début, rien n’était encore organisé en France. Les sociétés japonaises n’avaient pas de filiale chez nous, alors dans les couloirs du salon, je repérais tous les japonais que je voyais (ce n’était pas très difficile à repérer) et. je leur donnais ma carte pour partir gratos. C’est ainsi que j’ai réussi à avoir mes premiers contacts avec Konami, Asmik, Capcom et autres. Je le dis avec une certaine fierté, mais j’ai été le premier journaliste de mag de jeux vidéo avoir été au Japon. C’était en 90…

Jibé : Revenons si tu le veux bien à la presse et à ton départ de Cyberpress

JM : J’ai quitté Cyberpress après avoir lancé les guides stratégiques de Tomb Raider et Metal Gear en quatre langues. Marc Andersen qui était le boss avait lancé Cinélive, le groupe entrait en bourse et investissait de moins en moins dans le jeu vidéo. Je me suis donc rapproché de Prima (le numéro 1 des guides stratégiques au monde) et j’ai lancé la filiale française en 2001.

Jibé : Et avec un tel parcours la logique a voulu que tu montes eSoluces.com

JM : En effet, le souci des guides c’est qu’ils restent chers à produire (le papier oblige), et tu ne peux que capitaliser sur des jeux à licences populaires (les jeux qui se vendent à plus de 100 000 exemplaires. Ce qui est dommage vu qu’il y a pas mal de titres qui méritent aussi des soluces complètes.

Jibé: Comment fonctionne eSoluce?

JM : De façon très interactive. Tu télécharges un fichier qui se lit avec un lecteur spécifique que nous fournissons. Outre, un véritable guide stratégique à l’identique de la version papier, tu as des vidéos qui te montrent comment passer tel boss ou tel passage à problème et un moteur de recherche qui te permet de faire tes recherches tranquillement. Cela évite de farfouiller comme sur un support papier. Avec ce moteur, tu as l’info dont tu as besoin illico presto. Et il y a un truc que j’aime beaucoup c’est l’interface »Delivery » qui permet à l’instar d’un vrai mag de tourner les pages et de zoomer sur une partie ou une autre.

Au niveau interne, nous sommes sept (des maquettistes et des players) que je nourris au café, au coca et aux hormones de croissances !

Notre but est surtout de coller le plus possible au marché et aux dates de sortie des jeux. Ainsi, de nombreuses eSoluces seront disponibles à la vente simultanément à la sortie du jeu.

Jibé: L’avenir s’annonce donc radieux!

JM : En tout cas je fais en sorte. eSoluces a de bonnes perspectives, il y a un manque de soluces efficaces. Supposons que tu veuilles choper la clef du bordel à truc mais tu ne la trouves pas et bien nous on te dit où se trouve cet item si rare et comment l’utiliser. On te dit aussi quoi trouver d’autre et quoi en faire. Bref, on te dit tout sur le jeu !

Jibé : Tu n’écris plus mais tu as bien un avis sur le monde de la presse jeu vidéo?

JM : Je risque d’être d’une violence extrême mais voilà, les mags sont pourris, stéréotypés et surtout manquent sérieusement d’humour sauf chez Canard Pc. Comme ça c’est clair…

A mon avis, le support papier est obsolète et n’apporte plus d’intérêt. La fréquence des news est trop rapide aujourd’hui, il n’ y a plus d’articles de fond dans les magazines. Je regrette amèrement que Gaming se soit planté car c’était vraiment bien fichu, mais il reste Canard Pc et son décalage total est vraiment une bonne chose.

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Jibé : Est-ce que tu joues encore?

JM : Plus vraiment, un phénomène de lassitude s’est installé curieusement. Les jeux ne m’amusent plus autant. J’ai vieilli certainement. Cependant je joue au dernier Fifa avec mon fils pour lui coller des raclées et Sega Rallye sur Xbox 360 ça dépote sévère.

Et puis, tu sais quoi je me suis découvert une passion pour la brocante et je collectionne plein de choses. J’ai même une véritable passion pour les pots à tabac du XIXè et j’assume!

 

Jibé: Le marché est-il aussi responsable de ton désintérêt?

JM : En grande partie oui. Le marché est en crise. Il n’y a plus d’originalité, l’évolution veut que nous fassions machine arrière, curieusement. Nous avons tous les moyens du monde au niveau technique et les développeurs ne capitalisent que là dessus. C’est beau, superbe, même trop beau finalement. J’ai joué à Assassin’s Creed. J’en ai pris plein la gueule et au bout d’une heure je me suis ennuyé. Le jeu était toujours super beau, mais aussi ultra répétitif. Franchement, je préfère Tetris, Mario, etc.. On ne le dira jamais assez un beau jeu ne fait pas un bon jeu. Mais bon, l’esbroufe marche souvent, surtout lorsqu’on y ajoute des centaines de milliers d’euros en communication, marketing et promotions diverses.

Jibé : Pour conclure cher Jean-Marc tu vas me répondre à quelques questions rapides.

  • A quoi tu as le plus joué ?

Sans hésitation Tetris ! Une véritable drogue

  • Si tu devais retenir un jeu un seul

The Way Of Exploding Fist. Tout simplement parce que c’est le premier jeu que j’ai testé.
J’ai aussi adoré Actraiser sur Super Famicom.

  • Ta machine préférée?

J’ai eu une belle histoire d’amour avec la Nec Pc Engine. Cette machine était une vraie petite merveille et son lecteur CD-rom, une tuerie. D’ailleurs je ne l’ai pas dit mais j’en ai vendu de la Nec lorsque j’ai été l’un des associés de la boutique Shoot Again. C’était le bon temps…

  • Et pour finir, dans l’éternel combat Amiga 500 contre Atari ST, tu es plutôt?

Définitivement Atari ST for ever!!! J’étais le Prof ST à Micronews!

Jibé : Merci à toi Jean-Marc pour avoir consacré du temps à Ze Player.

JM : De rien, mais merci à toi de t’être souvenu de J’m Destroy!

Jibé

About Jibé Jarraud
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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