Castle of Illusion : le sucré de l’enfance

 Il y a des jeux qui marquent une génération de machines pour des raisons évidentes d’excellence.  

Ceux-là feront date et, à n’en pas douter, resteront gravés dans les mémoires des joueurs qui ont pu à l’époque s’y essayer. Castle Of Illusion Starring Mickey Mouse en est, que ce soit sur Master System comme sur Megadrive. En son temps, j’étais encore adolescent et sur ces deux supports les bons souvenirs persistent alors que la quarantaine s’approche dangereusement.

Alors que la mode des remake bat son plein pour que les plus vieux croquent dans leurs madeleines de Proust, était annoncé un retour de la plus célèbre des souris dans une des ses plus fameuses aventures. Redesign facile, reboot total ? Allais-je retrouver mon jeu d’antan ?

Autant être clair, cette nouvelle itération est bel et bien un reboot et non un remake. L’on retrouvera les stages, les décors, les musiques, mais bien à la « mode 2013 ». Concrètement, les niveaux ne sont plus les mêmes et s’offrent des passages en 3D tout à fait surprenants.

La méthode se salue, car SEGA Australia a su conserver l’essence même du jeu tout en le remaniant en profondeur, tout en proposant une voix narrative franchement pas désagréable. « On a gardé l’essentiel mais on a changé le superficiel » en somme.

C’est techniquement que ce Mickey prend une toute autre dimension. Graphiquement très soigné, c’est avec un plaisir véritable que l’on se promène dans ces environnements connus et pourtant tellement différents. Un régal visuel aux nombreux détails rappelant que ce genre de gourmandise n’est finalement possible qu’avec un plan 2D, quand bien même le talent éprouvé est en 3D. Le ressenti, que voulez-vous !

Que dire des musiques, sinon qu’elles sont absolument magistrales ? Si les thèmes classiques Megadrive peuvent être mis, on les remplacera volontiers par leurs ré-orchestrations. Tout y passe, de Dany Elfman à John Williams, ils donnent une formidable profondeur à l’ensemble et contribuent à l’immersion tant ils sont de très belle qualité. Jeu de plates-formes oui, mais non sans sensations.

Donc tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Eh non, très cher Candide ! L’Eldorado était pourtant si proche. Si seulement les développeurs avaient passé plus de temps sur la jouabilité…

Car Mickey a un grave problème de contrôle. Le modèle flotte de trop, glisse et oblige à l’anticipation permanente. Ainsi l’on meurt souvent bêtement non pas par difficulté, mais bien par cet oubli manifeste de vérification avant commercialisation.

Dommage car cela gâche de fait les parties. Ajoutons que l’on a plus besoin d’appuyer deux fois sur saut pour que Mickey se débarrasse de ses ennemis, et c’est le grand écart avec les versions de 1990.

Et pourtant, il faut à tout prix s’affranchir de cet écueil. Car ce Castle Of Illusion est à côté de ça une véritable réjouissance. Rarement n’aurais-je vu jeu aussi enchanteur ces dix dernières années, et vous me savez facilement insensible à une majorité de productions. Oui, il faut le dire, cet épisode fait du bien au jeu vidéo et démontre que le Blue Sky est sans conteste une nécessité à celui-ci.

Castle Of Illusion se savoure grâce au soin apporté par SEGA Australia. Une merveilleuse promenade faite de mystères, de magie et tout simplement de bonheur. Retomber en enfance est salutaire ; Castle Of Illusion ne se joue pas pour son challenge peu ardu, mais bien pour ce qu’il a à nous offrir : de l’émerveillement. En ces temps obscurs, cela n’a pas de prix.

Si, moins de 15 euros. Soyez dispendieux que diable !

Jibé  

About Jibé Jarraud
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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