Final Fantasy VII Remake : La démo haut niveau

Je m’en suis de nombreuses fois exprimé, que ce soit lors d’émissions de radio, dans des publications papier ou ici même : j’ai un véritable souci avec Final Fantasy VII. La faute à une attente nourrie de nombreux espoirs suite à un Final Fantasy VI merveilleux que je m’étais procuré en version américaine sur Super Nintendo.

Nous étions en 1994.

Les années passent, Squaresoft décide de faire un coup de Jarnac à Nintendo en rompant toute alliance et faisant la suite de sa série phare (et autres projets) l’exclusivité chez son nouveau concurrent anciennement ami, Sony.

Quand bien même ai-je pu trouver la chose épatante à l’époque, l’envie de retrouver un Final Fantasy était plus forte jusqu’à ce mois de Janvier 1997 où j’ai pu enfin mettre les mains dessus en version japonaise. Ce sera bien la version occidentale qui confirmera mes craintes. Je n’aime pas les personnages, j’ai grand mal avec le système à trois combattants contre quatre précédemment ; quant à l’histoire, elle ne réussit pas à me transporter comme FFVI avait su m’envelopper de sa dramaturgie aux nombreux rebondissements sous couvert de destins funestes, humour et romances.

Malgré tout, j’ai pu trouver en cette itération de jolies choses et il serait culotté de ma part que je n’y ai pas ressenti un certain plaisir à chacune de mes parties. Mais voilà, la magie de FFVI étant, je ne trouvais que trop de points négatifs à cette nouvelle aventure. L’amour que voulez-vous qui me rend certainement aveugle m’accuseraient les aficionados de Cloud Strife et ses comparses,  pour qui il représente la première initiation au J-RPG.

Final Fantasy VII  devenant une saga mondialement connue et qui sait avec le temps, cultiver son aura incontestable.

Alors l’annonce d’un véritable Remake laisse tout le monde coi. le Roi souhaite remonter sur son trône.  Il en aura fallu du temps pour que celui que l’on voyait arriver en 2017 histoire de fêter ses vingt ans, se voit enfin jouable et ce d’abord dans une démo en attendant le 10 avril.

Attendue avec une folle impatience par de nombreux joueurs, je me suis lancé à nouveau dans les tribulations du groupe Avalanche ; non sans appréhension.

On le savait vu les nombreuses vidéo que Square Enix ( je ne m’y ferais jamais. Squaresoft ou Enix choisis ton camp camarade ! ) accorderait un soin tout particulier à sa progéniture ludique. Force est de constater qu’à l’écran le travail accompli se salue.

Cela commence par la désormais emblématique introduction entièrement retapée, jusqu’à l’entrée en gare de la cité Midgar du train emportant avec lui l’équipe de Barret Wallace, décidée à faire sauter un réacteur de la société Shinra.

Rapidement le souvenir se ravive. Evidemment, la 3D n’est plus faite d’images fixes sur lesquelles de grossiers modèles se déplacent, et l’on retrouve toute l’ambiance sale appuyée par des musiques brillamment réorchestrées.

La grosse nouveauté réside dans les déplacements et combats dynamiques, assez proches de ceux de FF XV. Cela peut choquer, mais correspond à ce que souhaite Square Enix pour un Remake en bonne et due forme. Les plus chagrins peuvent se consoler sur Octopath Traveler, bien qu’il serait vraiment intéressant d’implémenter un système plus classique au tour par tour, que l’on puisse changer à la volée.

S’ils sont assez efficaces, alterner les personnages peut s’avérer une gymnastique capricieuse pour un rendu parfois brouillon. Certes cela permet une véritable gestion de la stratégie instantanée, mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation qui dans le feu de l’action peut s’avérer délicat.

Remake oblige, un effort a été fait sur les relations entre les personnages. Je les trouvais fades en 1997. Wedge, Biggs et Jessie sont toujours relégués en second plan, mais le fait qu’ils se parlent voire s’invectivent assez violemment dans le cas de Barret et Cloud, apporte un plus évident. Si le Leader d’Avalanche ne cachait pas une certaine méfiance dans le jeu d’origine, il se montre autrement plus péremptoire et parfois hostile à l’égard du blondinet.  Une cassure assez franche avec l’ancien temps. Bienvenu en 2020.

En quelques minutes de jeu, Final Fantasy VII Remake s’avère plutôt verbeux. On regrettera une VF plutôt aux fraises. Le doublage est caricatural, exagéré et souvent risible. Toutefois ces échanges sont un véritable apport. Même Cloud arrive à décrocher quelques sorties pas piquées des hannetons comme qui dirait. Cela lui donne une épaisseur salutaire, quand bien même son look de chanteur sensible de J-Pop si cher à son chara-designer Tetsuya Nomura.

Le vieux grognon que je suis arbore un sourire de satisfaction ; si les autres personnages bénéficient du même traitement, mon jugement pourrait bien être chamboulé.

Et c’est bien cela le véritable intérêt de ce Remake, revisiter intégralement la légende et en proposer une lecture enrichie sans en trahir le matériau initial.
Il suffit de se consacrer à la démo pour se rendre compte des quelques ajouts plutôt intelligents.

Final Fantasy VII Remake s’annonce donc sous les meilleurs hospices et me donne envie de retourner dans Midgar. Plus de vingt ans après ma déception, cela méritait d’être souligné.  Célébré? Comme vous y allez.

About Jibé Jarraud
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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