Link’s Awakening : Je t’aime moi non plus.

Je dois confesser quelque chose de terrible. Je n’ai jamais trop aimé le Game Boy. C’est ainsi et malgré le franc succès immédiat de la machine, je suis toujours resté hermétique à ses charmes 8bits , à la définition jaunâtre baveuse.

La faute à l’arcade, à l’Amiga 500 et à l’envie irrépressible début 90, de passer enfin à la catégorie supérieure qui s’appelait Mega Drive. Quand on est ado…

De fait, je n’ai jamais possédé le Game Boy, laissant ce plaisir à mes cousins, mes copains. Bien entendu j’ai pu faire de nombreuses parties dessus, mais sans passion, hormis peut-être pour Gargoyle’s Quest en grand fan de la série Ghosts’n Goblins que je suis.

Les années passent et arrive le nouveau Zelda tant attendu après un formidable épisode Super Nintendo mais sur la petite monochrome.

Le support étant, c’est avec appréhension que je me suis adonné à l’aventure, en pestant bien entendu sur la faible résolution de l’écran mais surtout sur ce périple sur l’île Cocolint.

Un sentiment étrange, mêlé de réjouissances et déceptions. Ce Zelda n’est pas mon Zelda, malgré l’amour que lui porte une majorité de joueurs pour qui il s’agit de la toute première rencontre avec Link.

C’est donc vingt-six ans plus tard, que je décide de retourner à la recherche du Poisson Rêve de façon plus confortable sur Switch…

Rapidement les repères se retrouvent, la mémoire un peu altérée ravivée et Marine et sa chanson insupportable.

Car Link’s Awakening me posera éternellement ce même problème : Quel est son but final?

Aucunement épique, le jeu se contente d’annoncer au réveil de l’Hylien qu’il y a huit instruments à glaner pour que le Poisson Rêve se réveille et baste. Niveau enjeu on repassera et Link d’accepter cette mission sans trop savoir pourquoi. Mais comme il est bien élevé et serviable ( servile?), il part dans les étranges  contrées.

Nous somme loin, très loin du début de Zelda : A Link To The Past qui se veut autrement plus dramatique. La voix de Zelda qui résonne dans la tête du héraut, la sortie dans la nuit sous la pluie battante, la musique en rapport et la découverte de son oncle qui succombera à ses blessures après lui avoir demandé de sauver la Princesse.

Même si la série Zelda n’est pas connue pour sa grande qualité d’écriture, nous avons tout de même quelque chose de solide en mains.  Un objectif plus évident que de s’aventurer le cœur guilleret pour les beaux yeux d’un hibou et d’une chanteuse à la voix de crécelle.  Oui je n’aime pas Marine, je me permets donc l’attaque ad personam.

Concrètement Link’s Awakening me laisse ce goût d’inachevé alors qu’il regorge de qualités patentes et c’est certainement le plus gros reproche que je lui ferai.

Sorte de melting-pot du meilleur de Zelda, cet épisode à l’origine nomade ( d’où son manque d’envergure), sait surtout faire mouche sur l’ingéniosité des « donjons » à parcourir.

D’excellentes constructions, l’on peut aisément lutter contre ces dédales et leurs mécanismes parfois retors, la grande force de ce Zelda et me concernant l’unique satisfaction que j’en tire.

J’aurais tant aimé une forêt plus dense avec sa musique si particulière, une propension à ajouter un peu de drama ici et là.

Pour autant, le jeu a réussi à me plaire comme à l’époque malgré mon attitude certainement injuste à son égard. Link’s Awakening reste un jeu d’une très grande qualité, très bien retravaillé sur Switch même s’il est plus que dommageable de subir des baisses de framerate régulières.

Celui-ci terminé, je conserve mon sentiment initial de 1993 mais certainement plus nuancé. Jouer avec un scrolling ( et non écran par écran) sur un écran plus large est autrement agréable que sur Game Boy.

 

Ce qui me fait dire : comment faisait-on à l’époque ?

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Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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