Battle Princess Madelyn : Les Ghouls et les couleurs…

Malgré les plébiscites d’un public conquis depuis plus de trente ans, les retours du preux chevalier Arthur se sont toujours faits sporadiquement depuis sa dernière fameuse aventure 16 bits. Nous étions en 1991 pour les joueurs de Super Famicom qui s’adonnaient à la seconde suite de Makai Mura, mieux connue en arcade sous le nom de Ghost’n Goblins.

Un personnage culte de Capcom, à la destinée contrariée vu qu’il a été remplacé par un certain Maximo en 2001, pour faire quelques come-backs bien sentis dans la série des Marvel Vs Capcom avant que finalement son créateur ne décide enfin de lui offrir un nouvel épisode sur PSP en 2006 ( quelques années après une version augmentée sur Game Boy Advance ) pour mieux l’oublier une fois de plus.

Certes, les jeux sont passés depuis un moment à la 3D et le gameplay exigeant pour une difficulté retorse en 2D ne fait des émules qu’auprès de ceux qui avaient l’habitude de jouer le crédit moyennant finances en salles de jeux.

Et Arthur d’en souffrir, quand bien même les rumeurs il y a fort longtemps d’une aventure en 3D sur Nintendo 64.

Abandonné, Locomalito un développeur espagnol certainement fan a proposé en 2012 une suite spirituelle fort inspirée et brillant hommage à la saga : Maldita Castilla et son petit chevalier barbu. Un titre efficace, à la prise en mains immédiate qui méritait une suite avant que Casual Bit Games.inc ne tease une vidéo épatante d’un nouvel hommage : Battle Princess Madelyn.

Graphismes en 2D pixels remarquables dans la veine des supports 16 bits, le jeu s’est rapidement taillé une réputation importante, couplée à une attente désormais évanouie vu qu’il nous est enfin arrivé.

Battle Princess Madelyn est un nouveau Ghost’n ou Ghouls’n qui a la force de proposer deux aventures à la fois similaires et distinctes. Ainsi, les tribulations de l’héroïne s’appréhendent en deux modes :
Arcade et Story.

Dans le premier pas de surprises, nous sommes en terrain connu. Déroulé classique, Madelyn emprunte à Arthur ces deux meilleurs atouts : Le double saut et la possibilité de tirer en haut comme en bas, chose impossible dans Ghouls’n Ghosts et sa suite qui proposaient chacun l’une de ces capacités.

A cela, il faut rajouter une option bien pratique en la présence du fantôme de son chien Fritzy, tué lors de l’assaut du méchant de l’histoire. Celui-ci peut attaquer les adversaires sur la longue et périlleuse route. Une aide bienvenue vu que le jeu est particulièrement corsé et n’hésite pas à mettre les nerfs à rude épreuve. Mais bon, on la voulait cette « suite » ou pas?

Les choses ne s’arrangent pas dans le mode story que l’on aurait imaginé plus doux. Plus proche d’un Wonder Boy In Monster World ou Land, la petite Princesse part dans une toute autre aventure bien que le décorum soit le même. La différence réside dans la profondeur, les petites quêtes à remplir et des allers-retours nécessaires.

Sauf qu’ici, Fritzy est au abonné absent alors que la difficulté est soudaine passé le premier stage. Et c’est certainement le gros défaut de ce qui semblait de prime abord une petite merveille. La faute à une construction de stages mal fichue, à l’ensemble injuste vu le manque de lisibilité générale. Comment deviner ce qu’il va y avoir en dessous alors que la descente est obligatoire. Le stage aquatique est des plus pénibles et c’est souvent que l’on pestera non pas par sa faute mais bien celle du jeu qui en plus manque de finition au niveau des contrôles trop souvent hasardeux. Sans compter que l’armement comme les armures n’évoluent que trop tardivement. Un comble pour un mode se voulant plus poussé que l’autre.

Alors on s’accroche, on s’échine à passer les plateformes tout en essayant de trouver tels objets et artefacts au hasard vu que le jeu ne donne aucune indication. Frustrant.

Et pourtant, si le jeu collectionne les ombres au tableau, difficile de ne pas craquer une fois celui-ci commencé. Car Battle Princess Madelyn est plus qu’un hommage à son inspirateur qui s’offre le bateau fantôme de Super Ghouls’n Ghosts en fond histoire de marquer le coup. C’est carrément à l’âge d’or de Capcom et d’autres développeurs en arcade qu’il fait référence.

On les reconnait ces dangereux vers qui nous viennent de Forgotten Worlds, ces poteaux à grimper avec leurs serpents enroulés et les parties labyrinthiques façon Black Tiger / Dragon et ces musiques souvent proches de ce que nous offrait Strider.

A ce sujet, il est possible de changer leurs arrangements. Soit arcade des années 90, soit plus orchestraux. Une idée tout à fait intéressante, d’autant qu’en fonction du mode de jeu choisi, les thèmes ne seront pas les mêmes. Malin.

Avec ces bons et mauvais points, Battle Princess Madelyn pose un véritable dilemme. Est-il raté ? Que non. Est-il alors réussi ? Non plus. Tout dépend ce que l’on en attend réellement et il est évident que l’on ne le conseillera qu’à ceux qui se sont tannés le cuir sur la rigueur extrême de l’arcade ; qu’importe que d’autres fiers-à-bras se la donnent sur Bloodborne et autres Dark Souls ils seraient rapidement dégoûtés.

Battle Prince Madelyn est en l’état un véritable cadeau qui peut s’avérer difficile à apprécier, mais qui témoigne d’un tel amour aux fondations que ne pas s’y intéresser serait bien dommage. Ravissement pour les yeux, terrible pour le stress. Parole d’un quarantenaire qui a perdu beaucoup d’argent dans les bornes et qui a plus qu’hurlé en se disant  « C’est la dernière fois, je te déteste Arthur ! »  alors qu’il porte ses aventures aux nues.

About Jibé Jarraud
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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