Smartphones, tablettes : le mieux est l’ennemi du bien

Toutes les révolutions ne sont pas bonnes à prendre

Jeudi 16 octobre au soir, un géant de l’électronique a lancé de nouvelles tablettes. L’une d’entre-elle, l’iPad Air 2, est supposément 40% plus rapide et dispose d’un processeur graphique 2.5 fois plus puissant que son prédécesseur. Lors de la conférence, Phil Shiller, en charge du marketing d’Apple, a déclaré que « [l’iPad est] désormais capable d’atteindre des performances graphiques comparables aux consoles », puis ajoute que « [les studios proches d’Apple] ne travaillent plus avec leurs moteurs pour plateformes mobiles, mais avec ceux du monde PC ».

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Bien sûr, il s’agit ici d’une pirouette marketing classique. Pour vendre son produit, le bon Phil laisse entendre que celui-ci est aussi puissant qu’une console – voir même qu’un PC. Son argument n’est d’ailleurs pas solide bien longtemps. Il ne vous suffit de quelques minutes d’accès à l’App Store, le magasin en ligne obligatoire pour se procurer jeux et applications sur l’écosystème Apple, pour remarquer que l’offre proposée par les « grands éditeurs » du monde consoles et PC varie se traduit trop souvent par une masse de licences exploitées dans des sous-jeux mal optimisés (mes salutations à SEGA). La puissance, peut-être. La ludothèque, certainement pas.

Il y a bien ici et là quelques bonnes adaptations (Hearthstone, You Don’t Know Jack) et des jeux originaux inspirés (Monument Valley, Threes, Bicolor), mais ces derniers sont plus souvent l’oeuvre de développeurs indépendants et de petits studios. Les divisions mobile des grands éditeurs sont à la traine, que ce soit en matière d’optimisation ou de maniabilité. Ne fait pas un jeu intégralement tactile qui veut.

Ces départements pourtant dédiés au jeu sur smartphones et tablettes confondent trop souvent l’App Store et Google Play pour la Console Virtuelle de Nintendo ou pour l’initiative PSone Classics de Sony en y publiant à prix fort des portages vite et mal faits de leurs gloires d’antan. Pire qu’un cimetière, c’est un dépotoir.

En voulant rendre la limite entre consoles et plateformes mobiles toujours plus floue à chaque modèle, ces constructeurs prennent le risque de tuer toutes les chances que le jeu mobile puisse aspirer à quelque chose de plus grand. Plus puissantes seront ces machines, plus il sera facile pour les gros éditeurs d’y porter leurs titres consoles, afin d’en éponger l’astronomique budget.

Une triste perspective qui pourrait bien aussi s’envisager pour les consoles portables, bien que Nintendo ait (jusqu’ici) toujours mis un point d’honneur à garnir ses Game Boy et ses (3)DS de jeux originaux. Quant à la Vita… c’est une autre histoire.

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Fondateur de RadioJV et RadioKawa. Etudiant en science politique.