Mon bilan de la Wii

Apparemment, l’heure est aux bilans en ce qui concerne la Wii qui approche, nous dit-on, de sa fin de vie. Que cela soit vrai ou faux, car l’on ne sait pas si la console continuera à se vendre malgré la WiiU et si des jeux sortiront dessus entre temps (un peu comme le couple PS2 / PS3), j’ai eu cependant envie de faire de même et de commenter succinctement ma collection.

 

 La Wii a en effet été la seule console de cette génération que j’ai possédée, pour des raisons financières principalement, et c’est un support sur lequel je me suis surpris à acheter énormément de jeux de qualité, du moins pour moi. Je ne renie bien sûr nullement les autres consoles et, d’ailleurs, certains des jeux dont je vais ici parler sont multi-supports. Mais je persiste à croire que la Wii fut l’une des toutes meilleures consoles de sa génération, du moins qu’elle n’a eu nullement à rougir vis-à-vis de la concurrence.

 Bien entendu, elle a sans doute souffert du manque de certains genres et de la sous-représentation d’autres ; et je ne parle même pas de ses capacités online aux orties et l’absence d’équivalent véritablement viable d’un XBLA, qui l’a durement sanctionné en la privant de certains jeux (au hasard, From Dust). Mais elle a su proposer pour compenser un certain nombre de titres uniques en leur genre, parfois très absolus dans leurs partis-pris et qui possèdent un charme bien à part. Pour un peu, l’on pourrait la rapprocher de la GameCube qui a elle-même proposé nombre de titres étranges et bizarres aux attraits indéniables.

J’aime beaucoup Eternal Darkness… et les femmes petitement vêtues.

  Sans plus attendre donc, voici un petit palmarès de ma collection, et quelques mots jetés comme par accident. J’ai parfois eu l’occasion d’en parler longuement sur ZP, donc je renverrai à ce moment-là vers mes articles. La liste est alphabétique, il ne faut donc pas chercher davantage de sens dans ce classement.

 

 Boom Blox : Un jeu que j’aime énormément, même si son intérêt est finalement assez limité. Véritable ode aux capacités uniques de la console, ce petit jeu de démolition, qui s’avère sur la longueur bien plus technique qu’on pourrait le croire, est toujours de la partie quand je reçois des invités : on est sûr d’y passer un excellent moment. Sans savoir exactement pourquoi je le préfère à sa suite… Un jeu que j’ai acquis à vil prix mais qui m’a fait passer d’excellents moments en multi. Pour une fois que Spielberg ne provoque pas directement ou indirectement un crash du jeu vidéo, on peut considérer la chose comme historique.

 

Remember…

 

 Donkey Kong Country Returns : J’en ai déjà parlé assez longtemps ici, je ne reviendrai donc pas dessus si ce n’est pour dire qu’il reste à mon sens un jeu prodigieux, l’un des meilleurs jeux de plates-formes de ces dernières années.

 

 (The) Legend of Zelda: Twilight Princess : J’avais à l’époque écrit un texte pour ZP où je me montrais très critique envers ce jeu, mais je ne l’avais pas publié, craignant d’avoir agi sous le sceau de la colère. En le relisant récemment, c’est bien mon avis ; si j’ai bien de nombreuses critiques à l’encontre de cet épisode, pour moi très en-deça de Ocarina of Time et même de Wind Waker en matière de level-design et de rythme, je pense qu’il ne mérite pas la diatribe que j’avais écrite à l’époque. Il reste un excellent titre, perfectible et sûrement pas de la trempe des immortels, mais sur lequel tout un chacun passera un très bon moment. Bien entendu, le personnage de Midona y est pour beaucoup, et je me surprends à admirer encore quelques passages d’anthologie comme le village Cocorico sur thème de far-west ou le manoir du yéti. Définitivement pas mon Zelda favori, mais mon honnêteté me pousse à reconnaître ses nombreuses qualités.

 

 MadWorld : Un beat’em all définitivement très bien fichu, technique et remarquablement mis en scène, auquel je reproche surtout des longueurs et quelques petits problèmes de caméra et de jouabilité. Le système de score est malgré tout diablement pensé, et l’on reconnaît aisément la « patte Sega » dans ce titre aux personnages inoubliables, que ce soit Jack ou le Black Baron. Les graphismes sont aussi particulièrement chiadés pour de la Wii, et l’on passe sans sourciller d’un jeu au gameplay carré à un ovni vidéoludique sous acide. J’y reviens de temps à autre, ne serait-ce également que pour la bande originale de haute volée et sa version française de très bonne facture.

The name is… Jack. Just Jack.

 

 Muramasa: The Demon Blade : Sans doute le plus beau des jeux de la Wii dans son genre, Muramasa représente une apogée auquel je n’ai pas encore trouvé de concurrent sérieux. Les deux personnages se jouent de façon très distincte, et le système de sabres est très bien pensé pour varier encore plus les plaisirs. À cela je rajoute des combats de boss véritablement épiques et une exigence artistique improbable que l’on aimerait voir bien plus souvent sur nos consoles. Même si je ne suis pas spécialement fan de l’univers du Japon médiéval, force m’est de reconnaître que j’ai été radicalement happé par ce jeu de bout en bout, sans pouvoir décrocher une seule seconde. Un titre d’exception, tout simplement, que je conseille à quiconque.

 

 No More Heroes : Même si le jeu est à présent disponible sur PS3 et 360, c’est bien sur Wii qu’il fit ses premiers pas. No More Heroes est un jeu unique en son genre, entier dans ses qualités comme dans ses défauts. Ce « boss rush game » reste néanmoins une expérience fascinante, auto-parodique et génial, impressionnant de maestria et d’intelligence. Le personnage principal tout comme les boss sont proprement sublimes, rarement un jeu ne m’aura autant étonné avec sa distribution. Bien que très court même dans les modes de difficulté avancés et malgré des phases d’exploration inintéressantes, le titre de Suda51 est une expérience à faire je pense dans sa vie de joueur ne serait-ce que pour son caractère irrespectueux et ouvertement « punk ».

Je ne pouvais pas ne pas mettre cette image. Peace, Travis.

 

 Nouvelle façon de jouer : Pikmin 2 : Je trouve que ce jeu est « taillé » pour la maniabilité sur Wii. Les qualités de ce jeu sont connues et reconnues, et bien que possédant et ayant fini la version GameCube à sa sortie, c’est avec plaisir que je l’ai repris ici à prix d’ami pour le redécouvrir. C’est à mon sens un jeu très intéressant, complexe dans son approche et qui nécessite un certain investissement pour en faire totalement le tour. Mon seul regret vient réellement du fait que la Wii n’ait pas accueilli un « Pikmin 3 » parfaitement à elle, mais cela sera peut-être, nous dit-on, pour la WiiU. Dans tous les cas, si vous ne connaissez pas le jeu, je vous conseille de vous y pencher avec enthousiasme, cette version Wii étant bien plus agréable à parcourir que la version GameCube selon moi.

 

 Punch-Out!! : Je l’avais comparé à un « rhythm game » ici et je maintiens ma position. Punch-Out!! n’est pas qu’un seul « revival » du jeu original, il est décidément bien plus. Next-Level Games apparaît, de la même façon que Retro Studios, comme l’un des éditeurs à suivre sur consoles Nintendo tant l’intelligence développée pour ce jeu est palpable. La bonne humeur, le challenge omniprésent, la nécessité de toujours se dépasser en font un jeu exigeant mais particulièrement jouissif. J’y reviens également très souvent, moins pour battre mes temps que pour admirer le formidable travail graphique effectué par les développeurs. Je le classe sans sourciller dans la catégorie « chef d’œuvre » même si l’on ne peut vraiment y jouer qu’avec la wiimote seule, poncif hélas valable pour un certain nombre de jeux présents dans cette liste.

 

 Rayman Origins : J’ai dit tout le bien que je pensais des musiques ici et du jeu en lui-même . Ce jeu est une merveille sur bien des points, que ce soit sur le plan musical, graphique ou de la bonne humeur tout simplement. Revoir après tant d’années le héros à la mèche dans un jeu de plates-formes en deux dimensions de cette qualité est un rêve inespéré qui ne peut que laisser augurer du meilleur pour son avenir à condition, bien entendu, que les ventes suivent. Les choses semblent mitigées à l’heure d’aujourd’hui, mais qui sait ? Le faible prix où l’on peut aujourd’hui le trouver sera peut-être l’opportunité qu’il attendait pour briller définitivement niveau ventes.

Une photo de Rayman Origins. Parce qu’on ne parle jamais assez de Rayman Origins.

 

 Super Mario Galaxy/Super Mario Galaxy 2 : Je traite ces jeux ensemble car si ce n’est quelques menues différences comme l’apparition de Yoshi ou la disparition du hub, les deux jeux partagent la même philosophie du jeu de plates-formes, à cheval entre un environnement en trois dimensions et un cheminement en deux. On retrouve cependant là ce que l’on disait à l’époque de Yoshi’s Island sur Snes, à savoir « qu’un seul niveau contient plus d’idées qu’un jeu entier de la concurrence ». Sans être aussi absolu que d’autres sur cette question, force est de constater la finesse de ces épisodes qui arrivent à se hisser sans peine dans le panthéon des meilleurs jeux Mario et des meilleurs jeux de plates-formes tout court. Longs, intelligents, difficiles quand il le faut et très agréables à parcourir, je ne regrette que de n’avoir pas su retrouver, dans l’un comme dans l’autre, cette sensation de liberté qui m’étreignait sur la place Delfino de Super Mario Shunshine. Mais cette dite liberté a été troquée pour un rythme de jeu sans temps morts ni respiration artificielle, prouvant à qui voulait l’entendre que Nintendo et surtout Miyamoto n’ont aucunement perdu de leur savoir-faire.

 

 Tatsunoko vs. Capcom : S’il est un et un seul jeu de baston que je retiendrai sur cette génération de machine, moi qui n’ai connu ni Marvel vs. Capcom 3, ni Street Fighter IV, c’est bel et bien Tatsunoko vs. Capcom. Alors oui, les puristes crieront sans doute au scandale en voyant que les coups spéciaux se déclenchent avec une facilité déconcertante et oui, on fait rapidement le tour du roster. Mais quelle distribution et quels coups spéciaux ! Ça pète de partout, les personnages sont très agréables à contrôler, et tout un chacun s’y retrouve, néophytes comme passionnés. Malgré des menus de jeu un peu chiches et des graphismes pas toujours au top surtout concernant les décors, j’ai passé des nuits entières avec mes amis sur ce jeu formidable, finalement peu souvent cité quand on en vient à parler de la Wii. Grossière erreur selon moi, car il vaut vraiment le détour.

 

 Xenoblade Chronicles :Xenoblade est un grand jeu non seulement de la Wii, mais de cette génération dans son absolu. Son petit côté « exercice de style » appliqué aux RPGs dont il s’amuse à reprendre tous les poncifs pour soit s’en éloigner, soit les appliquer avec tellement de zèle que cela en devient drôle m’est irrésistible, et malgré, encore une fois, des personnages très caricaturaux – mais je l’ai vraiment pris comme quelque chose de pensé – et une histoire bateau au possible – de même –, il serait dommage de passer outre son gigantisme, ses environnements immenses se perdant à l’horizon et sans le moindre temps de chargement, son système de combat très dynamique, sa progression agréable sans qu’il ne soit réellement besoin de faire du levelling et ses nombreuses quêtes qui en perdent leur nom « d’annexe » tant elles sont cruciales pour l’expérience du jeu. J’ignore si les futurs The Last Story et Pandora Tower parviendront à atteindre ce niveau d’exigence et de qualité, mais pour peu que vous soyez prêts à passer quelques deux cents heures sur un jeu de rôle mais à ne même pas vous apercevoir que vous passez des nuits blanches, il me semble difficile, pour ne pas dire impossible, de faire l’impasse sur ce jeu qui me semble être l’un des titres marquants de ces cinq ou dix dernières années. Un jeu qui a tout du system-seller à la fin de vie d’une console, un voyage formidable qui vous aspirera comme rarement un jeu vous aura aspiré.

 

 Zack & Wiki : Le Trésor de Barbaros : Le jeu de plates-formes n’a pas été le seul genre à connaître une deuxième jeunesse sur nos consoles ; le jeu d’aventure est lui aussi sorti du placard après avoir été contraint à l’hibernation. Que ce soit des jeux comme Runaway, les éditions spéciales de Monkey Island ou encore l’annonce d’un futur Little Big Adventure 3 ou d’un remake de Leisure Suit Larry, le temps de la « grande aventure » comme on disait jadis connaît un retour encore timide, mais bien plus encourageant qu’il y a quelques années. Zack & Wiki est un jeu du type « point’n click », bien que l’on ne pointe ni ne clique (ironie de la dénomination) mais où l’on doit utiliser de nombreux objets pour progresser. Un élégant système de points, qui pourra faire penser aux grandes heures des jeux Sierra récompense d’ailleurs notre façon de penser, et plus d’une énigme possède plusieurs chemins possibles, chemins faisant appel à la fois à la rapidité d’exécution et à notre ruse. Le jeu a malheureusement subi les affres d’une distribution confidentielle en France, doublée d’un grave manque de communication qui lui a porté préjudice. Il reste cependant très facile à trouver ici ou là, et pourrait même représenter à lui seul la « nouvelle façon de jouer » que la Wii se targuait de représenter. Sans entrer dans ces débats où chacun a son mot à dire, je ne dirai que ceci : Zack & Wiki est un jeu qui mérite résolument votre bienveillance et qui ne doit pas être oublié dans le flot du temps.

Je sais, ça paye pas de mine, mais il ne faut pas se fier aux apparences.

  Voici donc mon petit palmarès pour cette console blanche dont on aura dit bien du mal, mais qui aura su garder la dignité nécessaire pour affronter toutes ces années. J’ai bien sûr passé sous silence d’autres jeux tout aussi intéressants (les Kirby, les Metroid, les Trauma Center ou encore Wario Ware, Goldeneye 007 ou Rhythm Heaven) car ne les ayant pas assez pratiqués pour me faire un avis définitif sur la question, mais nul doute que tout un chacun a son propre panthéon et s’accordera à dire que la Wii, que l’on aime ou non la console, a su proposer une offre très spécifique, avec un cachet bien à elle comme a pu le faire la GameCube en son temps. Moi-même, en l’achetant il y a de cela près de cinq ans, j’étais bien loin de me douter de tout ce qui allait s’y trouver et je dois reconnaître que je ne regrette absolument pas mon achat et ce malgré le caractère archaïque souvent de ses fonctionnalités et de ses possibilités, notamment online vis-à-vis de la concurrence.

  En définitive, la Wii restera pour moi une excellente plate-forme de jeu, une console qui aura marqué ma vie de joueur. Jamais je n’ai eu à rougir de la posséder, et même si je pense bientôt acquérir, enfin ! une Xbox 360, je crois qu’elle restera encore branchée longtemps sur mon téléviseur. Nintendo, tout comme les éditeurs ayant travaillé dessus faut-il l’ajouter, n’a pour moi nullement renié son exigence de qualité et de fun, et aura proposé une console qui marquera d’une pierre blanche la courte bien que riche histoire du jeu vidéo.

 

 

 Mathieu

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Co-Responsable de Ze Player, Rédacteur sur Grospixels.com, Animateur sur Radiojv.com.

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