Street Fighter IV : le retour du roi ?

Cette fois c’est fait, le messie Street Fighter fait enfin son retour, après des années d’absence et une réelle attente de la part des joueurs qui un jour de mars 1991, découvraient en salle de jeux, ce qu’allait être le mètre étalon des jeux de combats : Street Fighter II.

 

Si les jeux dits de VS Fighting ont évolué vers la 3D, Capcom a toujours préféré se cantonner à un gameplay 2D pour sa série fétiche. Et si les esprits chagrins se souviennent de Street Fighter Ex Plus Alpha comme une aberration, force est de constater que son gameplay était sur une base 2D et que par conséquent il restait Street Fighter.

Street Fighter IV arrive donc dans un marché où ce type de jeu est tombé bien en désuétude après avoir connu la gloire dans les années 90. Concurrencé et balayé par des GTA et autres jeux de Football, le genre peine désormais à rallier les foules. Et pourtant, Street Fighter IV semble tout à fait disposé à remporter l’adhésion de la vox populi, si on en croit les dires de nombreux sites et magazines, tombés en pâmoison devant ce qu’il est désormais coutume d’appeler The King.


A l’instar du bel Elvis qui faisait chavirer les coeurs, ceux des joueurs semblent à nouveau battre la chamade, et pourtant…

Fan de la première heure, je me souviens avoir du haut de mes 14 ans, inséré beaucoup de pièces de 10 francs dans la borne de Street Fighter II. Puis en grandissant, la Saturn et les Street Fighter Zero aura été une bien bonne compagne de soirées entre guerriers. Street Fighter m’aura donc accompagné durant mon adolescence jusqu’à l’âge de raison, celui où normalement on fonde une famille. Street Fighter IV était pour ma part attendu avec une impatience réelle, surtout depuis les premières images. Aussi étonnant cela puisse paraître, j’étais parfaitement emballé par la direction artistique empruntée par Capcom, alors que les poings et les hurlements de milliers sinon millions de joueurs se faisaient sentir. Qu’importe; aujourd’hui tout le monde s’accorde à dire que les graphismes sont magnifiques et rafraichissant.

Le jour de sa sortie, j’étais fébrile. Une fois le précieux dans mes mains, il fallait que je le mette dans la machine, m’installe confortablement dans mon canapé pour que le miracle puisse s’accomplir. Je prends donc Ryu – ce bon vieux camarade- et termine le jeu face à Seth, dernier boss. Une fois terminé, un dessin animé qui semble réalisé à l’économie, présente la fin, et le générique apparaît. Je coupe ma console, pose la manette sur ma table basse, me lève et coupe ma télévision.

Un drôle de sentiment m’envahit, je sais ce qu’il est. On l’appelle : DECEPTION

Alors que l’on ne se méprenne pas sur mes dires. Je ne vais pas affirmer que le jeu est mauvais loin de là. Je ne reviendrai pas sur les qualités intrinsèques de Street Fighter IV. Il suffit de demander à votre ami Google de vous présenter les tests et vous conviendrez que ce jeu a une moyenne générale de 18/20, de quoi tenter l’investissement. On pourrait âprement critiquer les décors laids et sans caractère, ou des musiques insipides, mais ce ne sont là que des points de détail.

Non ce qui me gêne surtout c’est le fait que de nombreux rédacteurs à la plume dithyrambique, m’aient poussé à me procurer ce jeu. A les lire, c’est formidable, extraordinaire, merveilleux, enfin bref n’en rajouter plus sinon les Kleenex risquent d’être rapidement souillés.

Street Fighter IV est un bon jeu oui, mais s’il est facile à prendre en main ( les coups sortent très facilement même avec un pad Xbox ), je trouve son gameplay lourd. Les différents niveaux de furies sont une excellente idée. De même, les focus attacks, les Ultra Combos offrent une profondeur de jeu tout à fait surprenante. Mais voilà, aussi rodée puisse être la chose, le fait de se retrouver avec une impression d’imprécision dans les déplacements me suffit à faire la moue. Les sauts par exemple, sont lents et donnent une réelle inertie à l’ensemble. J’ai même constaté que certains coups ne touchaient pas. Certains écrits faisaient part de bug de collision, hélas je le confirme.

Et c’est souvent qu’en réseau on assiste à des ballets aériens qui ne font jamais mouche. Les personnages sautent, c’est laborieux les coups de pieds ne sont là que pour la beauté du geste et on s’agace fatalement. Lors d’une partie avec un ami, nous avions respectivement pris El Fuerte et Abel. Le combat était plus que chaotique. Oui on se marrait bien, mais est-ce là le but d’un jeu faisant partie de la lignée des plus grands du genre?

C’est exactement ce que j’avais ressenti en son temps avec Street Fighter EX Plus Alpha sur Playstation. Si à l’époque j’avais fermé les yeux sur ces défauts car c’était nouveau, aujourd’hui et avec l’âge en plus je ne peux pas me lever et applaudir Capcom. Car même si la mode veut que l’on oublie les épisodes de Street Fighter en 3D mais sur base 2D, la filiation de Street Fighter IV avec ses ainés est pourtant bien réelle, même si avouons le de suite, il est bien plus agréable à jouer.

Cependant, Street Fighter IV a un réel capital sympathie. Les parties s’enchainant en réseau ou entre amis, on y passe nécessairement du temps, même que l’on y prend du plaisir. Le jeu est nerveux, violent, la mise en scène dynamique. Rien à redire à ce niveau là, si vous avez un bel écran HD branché sur un ampli, c’est carrément la sensation ARCADE avec un grand A que vous allez vous prendre en pleine tronche vu l’enrobage général.

S’il reste un très bon divertissement, Street Fighter IV n’est pourtant pas la claque que j’attendais. J’y joue bien entendu, mais de là à dire que je m’y éclate comme sur Street Fighter Zero 3 sur la vénérable Saturn en son temps…

Street Fighter IV bénéficie d’un hype colossal. Vivement et largement critiqué avant sa sortie par des hordes de testeurs, le voilà désormais installé au pinacle des jeux de combats par ces mêmes personnes. Comme s’il ne fallait pas toucher à la légende, je crains que beaucoup ne soient restés éblouis par l’aura de Street Fighter II. L’amour rend aveugle.

Alors que dire. Déception? Excellent jeu? Je n’ai rien compris ou alors les autres non rien compris? Difficile d’être tranché. Mon analyse est celle d’un type qui aime le jeu vidéo et qui garde d’anciens souvenirs en lui qu’il aimerait voir actualisés aujourd’hui. Oui tel un vieux con que je suis, je resterai désormais un éternel insatisfait. Ce jeu vaut le coup, et si vous-êtes jeunes padawans en la matière, alors ne tenez pas compte de mes propos et amusez vous. Me concernant, je ne rends pas aussi facilement le combat, et m’accroche pour que le miracle se produise dans ma petite tête. Et c’est bien parce que c’est Street Fighter que je fais l’effort.

Je viens de vous le dire, l’amour rend aveugle…

Jibé

A propos Jibé Jarraud 150 Articles
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com