Cette vieille canaille de Frank West !

Dead Rising premier du nom, avait fait sa petite sensation. Un centre commercial truffé de morts-vivants façon Zombie de George A. Romero, pour un hommage appuyé à ce film de 1983, où erre un anti-héros remarquable en la personne de Frank West, sorte de loser magnifique qui emprunte largement à Ash Williams campé par Bruce Campbell dans Evil Dead.

Un mix improbable du genre, joyeusement idiot et gore qui n’hésite pas à marcher sur Resident Evil et son épouvante pourtant du même développeur.

Plusieurs épisodes passés, il faut bien reconnaître que la mayonnaise a eu grand mal à prendre par la suite. Un second épisode jugé trop sérieux ( tempéré par le retour de Frank West en stand alone ), un troisième plus en adéquation mais qui pèche par une redondance caractéristique et un manque d’attachement à son protagoniste. Le genre beat them up largement rendu barbare depuis Dynasty Warriors sur PS2 a su faire de nombreux émules et se voit désormais saupoudré régulièrement de zombies à l’image de Lollipop Chainsaw quand il ne s’agit pas de mondes ouverts plus réfléchis. La zombie apocalypse a bien lieu ; tant pis pour l’overdose.

Mais dès qu’il s’agit de faire marier horreur et humour, l’on pense inévitablement à ce bon vieux Frank West. Tant mieux, le reporter fait son grand retour un an après sur Xbox One dans ce Dead Rising 4 Frank’s Big Package, enrichi des DLC de l’époque. Ça va trancher chérie…

A nouveau plongé dans la ville maudite de Willamette – théâtre sanglant du premier impact zombie – Frank accompagné d’une de ces élèves, décide d’enquêter sur une nouvelle invasion de décharnés histoire de tirer quelques clichés fort à propos dans un délire sensationnel. En pleine période de Noël, l’on ne pouvait espérer meilleur décorum.

Première nouveauté, le chronomètre disparaît au profit d’un monde ouvert dans lequel on se verra attribuer de nombreuses quêtes secondaires en plus de la principale. Terrain connu, il s’agira une nouvelle fois d’arpenter un centre commercial, les rues de la ville tout en rencontrant des PNJ aux desseins différents. Une promenade un poil violente vu la population environnante.


Fort heureusement, Frank aura de quoi chatouiller les importuns. Entre les armes déjà bien massives qui peuvent s’améliorer et les véhicules à équiper grossièrement, c’est bien un agglomérat de chairs en putréfaction qui restera après le passage du joueur. Le mot finesse n’apparaît pas dans le lexique de
Dead Rising. On tue, massacre, démembre dans un flot permanent d’hémoglobine les hordes arrivant très régulièrement.

Les scènes sont aussi crues qu’amusantes, aidées notamment par l’omniprésence du second degré de Frank West et ses réflexions aussi cons que savoureuses.

Et comme s’il fallait rajouter une donne de Grand-guignol, Dead Rising 4 nous offre ses DLC tout aussi foutraques. En premier lieu un mini golf auto référencé  Super Ultra Dead Rising 4 Mini Golf, un mode solo chronométré cette fois-ci, dans lequel l’ami West se voit doté de super pouvoirs. Réjouissant. Enfin le mode Capcom Heroes permet au héros d’incarner l’une des grandes gloires de Capcom, de Ryu, à Cammy en passant par X de Megaman ou Amaterasu. Il est cependant regrettable que ceux-ci soient uniquement téléchargeables et non sur le disque. 17 GO tout de même…

Gros délire décomplexé, Dead Rising 4 Frank’s Big Package a tout du nanar honteux que l’on aime tant parcourir. La recette est inchangée, la technique peu convaincante, le fond totalement aux fraises.

En l’état, ce Dead Rising n’est pas un grand jeu. Toutefois, l’intérêt coupable et régressif de s’adonner à de la sauvagerie de série Z est bien présent. Pour ce qu’il a à apporter, sa générosité et ses envolées grandiloquentes, il mérite un coup d’œil certes avisé par les esthètes fin connaisseurs, qui sauront passer outre les nombreux défauts. On n’a pas tous les jours quinze ans et Mad Movie à portée de main.

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Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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