ŠTRUUT FYTÅÅR V : Le jeu en kit.

Sacré Capcom. Voilà quelques années que je suis ta plus fameuse saga. Véritablement depuis sa découverte en salle de jeux en 1991. J’omets le souvenir du premier épisode qui ne m’avait pas fait forte impression, sauf peut-être un de ses bonus stages en gros plan qui me rappelait Dragon Ball.

Tout a commencé avec Street Fighter II et ses suites, trop nombreuses suites, faites d’ajouts cosmétiques, de boss jouables, de personnages supplémentaires, de turbo et de quelques coups supplémentaires permettant une distinction entre Ryu et Ken.

Je t’aurai maudit chaque fois que je suis passé à la caisse pour offrir à ma Super Nintendo ce nouvel épisode indispensable. La suite on la connaît; une nouvelle série et le Capcom Way Of Life de se montrer de plus belle.

Plusieurs Zero-Alpha, plusieurs III jusqu’à Street Fighter IV et ses trois variations payantes ( sans compter les Vanilla, Omega etc ). Incroyable.

Mais quand on aime on ne compte pas dit l’adage. Alors pour ne pas me sentir lésé, j’ai choisi une fois encore de me faire bais…

A ce petit jeu du  » Je vous en mets un peu plus vous le prenez quand même? », Arc System Works t’aura emboîté le pas. Entre les Guilty Gear et les BlazBlue, l’escroquerie est encore plus manifeste.

A croire que les jeux conçus ne sont pas terminés. A l’instar d’un peintre qui reprendra son oeuvre à peine sèche, tu remets l’ouvrage sur le métier. Si le souci du soin et de l’exigence ne se condamne aucunement, on aurait préféré un produit sans trop de défaut, fait avec le temps nécessaire pour éventuellement quelques années plus tard proposer une révision grâce à des DLC, nouveau business model un peu scandaleux quand déjà programmé mais plutôt juste quand il s’agit vraiment d’améliorations décidées et  travaillées à posteriori.

Alors pour nous rassurer, tu as bien fait comprendre que Street Fighter V serait le seul et l’unique. Que le jeu évoluera oui mais avec des DLC payants ou bien des crédits à gagner en jeu pour acquérir de nouveaux protagonistes et modes de jeux. Un choix surprenant de ta part et que la communauté a salué.

Ça, c’était avant de le lancer…

Ce nouvel épisode arrive les mains dans les poches. Sorte de copie rendue à la va-vite par un élève suffisamment malin, qui sait que ça passera quand même, que la moyenne est sauve.

Ainsi Street Fighter V est un jeu non terminé. La douloureuse commence par un nombre de personnage réduit à seize. Chiche. Idem pour le nombre de stages qui se voit lui de onze. On se croirait dans la première mouture de Guilty Gear Xrd.  Un comble.

Pas de mode arcade, tout juste un mode scénario qui se règle en trente minutes pour l’ensemble des personnages, vu que nous avons droit à quatre matchs en un round. Le tout agrémenté de dessins qui ne seront pas du goût de chacun. En comparaison avec le généreux Mortal Kombat X, la pilule est difficile à avaler.

Pourtant, n’allons pas jeter l’opprobre à Yoshinori Ono. En main, le Street nouveau fait le boulot. Les modifications des personnages sont pertinentes ( bien que le quart avant + K pour les pieds de Chun-Li en rebutera ), les coups sortent facilement, et l’ensemble est dynamique. Le savoir faire est respecté.

On essuie ses larmes? Raté. Le jeu a de sérieux problèmes de fluidité par endroit, bloque au niveau de ses serveurs en ligne, et se permet quelques freeze malvenus.

A en croire Capcom, ces soucis seront corrigés rapidement, et tout ce qui est aujourd’hui critiqué sera oublié dans les mois à venir. Six nouveaux personnages, un mode story, le tout gratuit si on y joue.

Très bien, mais à soixante euros, le kit à monter apparaît bien cher. Un jeu livré en morceaux n’a rien de rassurant pour l’industrie qui a bien compris qu’avec ce genre de pratique, elle peut tirer le développement dans le temps tout en s’assurant une assise financière.

Une nouvelle ère s’annonce, celle des jeux ni faits ni à faire qui se verront peut-être  demain – allez savoir – vendus comme un forfait téléphonique avec les options correspondantes.

Capcom pourra toujours se réfugier derrière l’argument du Capcom Pro Tour et l’absolue nécessité de sortir son jeu dès que possible, que de là à le torcher il y a un monde.

Et le respect des joueurs là dedans? On parle pognon voyons…

About Jibé Jarraud
Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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