Akiba’s Trip : Undead & Undressed / Otacul cul?

Un jeu qui invite à déshabiller les personnes que l’on croise pourrait avoir des airs d’interdit.
Pourtant la production d’Acquire n’a rien de sulfureuse.

Pour l’invitation à la chair il faudra repasser.

Car Akiba’s Trip : Undead & Undressed sous ses allures vaguement friponnes, ressemble plus à un énième film de vampires du genre navet, emprunt d’une ambiance otaku; ce qu’est le protagoniste de cette folle histoire.

Alors qu’il pensait se procurer une figurine collector Nanashi (vous le nommerez à votre guise ; Nanashi signifiant « sans nom ») se voit vivement appréhendé pour se retrouver attaché et séquestré par un type aussi élégant que particulièrement étrange : La proposition faite de devenir un Synthetiser,sorte d’hybride vampire ne laissant planer aucun doute quant aux motivations de l’individu. Maltraité, l’infortuné héros se voit soudainement sauvé par Shizuku; une drôlesse tout aussi spéciale qui grâce à son sang réussit à le réanimer.

Beau foutoir en perspective, la donzelle semble décidée à nettoyer le quartier Akihabara de cette pègre venue d’un autre monde, et vous allez comme de par hasard l’aider dans sa besogne. Les Synthetisers ne s’en prenant qu’aux aficionados de l’univers otaku, le quartier est de fait menacé. De quoi motiver notre collectionneur.

 

Tout aurait pu se passer à peu près bien. Qu’importe le scénario foutraque, et la possibilité de déshabiller ses assaillants pour qu’ils brûlent à la lumière du jour, l’offre de retrouver ( ou découvrir ) le caractéristique quartier d’Akiba reproduit très fidèlement pour l’occasion, avait de quoi séduire.

Loupé. Passé quelques minutes à marteler les boutons, faire quelques attaques bien senties et finalement mettre en petite tenue tout se beau monde, l’on se rend compte que le concept assez amusant de prime abord, manque sérieusement de consistance.

Alors on se raccroche à ce que l’on peut, en tentant vainement d’occulter le peu de moyen graphique du jeu. Après tout, on reconnaît très bien les différents magasins. De Sofmap au Club Sega tout en passant par le spécialiste de l’occasion Super Potato, comme l’enrobage fait d’Idols et autres réjouissances régressives. Rien n’y fait. Malgré ce dépaysement rafraîchissant, on peine à accomplir les différentes quêtes sans enjeux, tout en pestant sur un gâchis formidable de ne pouvoir flâner dans les différentes artères.

Akiba est découpé en zones assez réduites, obligeant à des chargements pénibles de l’une à l’autre. Autant dire que la ballade se voit morcelée et le plaisir de la progression avec. Ajoutons une caméra au fraise pour définitivement ranger cette production au rang des non finis.

Dommage; Akiba’s Trip : Undead & Undressed avait une offre suffisamment inédite et un souci du détail à ce point poussé, qu’il aurait mérité un véritable travail de finition. Au lieu de ça, Acquire s’inspire de Yakuza sans lui rendre hommage, balance à la hussarde des joutes vaguement jouables et essaie comme il peut de trouver grâce aux yeux des plus curieux qui aiment se frotter aux jeux nippons étranges; idéalement rompus aux bizarreries de la Pc Engine et de la Saturn, du moins pour le public occidental, le japonais étant bien entendu habitué.

Akiba’s Trip : Undead & Undressed conserve cependant un capital sympathie pour celui qui osera la curiosité, et qui se rappellera alors de ses achats import de jeux farfelus et pour lesquels il aura toujours un plaisir coupable.

Allez savoir, si ça se trouve il deviendra culte dans quelques années . Souvenez-vous de Toilet Kids ou Cho Aniki en leurs temps. C’était pourtant très mal engagé.

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Responsable Editorial Rédacteur chez Pix'n Love, Retro vers le Futur Chroniqueur dans " Les Tauliers " sur Radio JV.com

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